Écrire Un défenseur des droits humains en grève de la faim

Ahmed Mansoor, un défenseur des droits humains de premier plan, observe une grève de la faim depuis plus de trois semaines afin de protester contre ses conditions de détention et le procès inique dont il a fait l’objet. Il a été déclaré coupable et condamné à une peine de 10 ans de prison au seul motif qu’il avait exercé son droit à la liberté d’expression. Il a été condamné pour diverses infractions, notamment pour « atteinte au statut et au prestige des Émirats arabes unis et de leurs symboles », notamment leurs dirigeants, « publication de fausses informations dans le but de nuire à la réputation des Émirats arabes unis à l’étranger » et « présentation des Émirats arabes unis comme une terre sans loi ». Ahmed Mansoor est un prisonnier d’opinion.

Ahmed Mansoor est un blogueur, poète et défenseur des droits humains ayant reçu le prestigieux prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’Homme en 2015. Il est membre du Comité consultatif de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, et membre de la Commission consultative du Centre du Golfe pour les droits de l’homme. Depuis 2006, il rassemble des informations sur la situation des droits humains aux Émirats arabes unis, et s’exprime publiquement en faveur des droits fondamentaux, à travers son blog, les réseaux sociaux et des entretiens dans les médias internationaux. Ahmed Mansoor est depuis longtemps un ami de confiance d’Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains.
Amnesty International a collaboré étroitement avec lui au fil des années, s’appuyant sur sa connaissance de la situation et les informations qu’il relayait, lorsque les Émirats arabes unis ont commencé à étouffer la société civile dans le pays. Avant son arrestation, Ahmed Mansoor était l’une des seules voix indépendantes qui s’exprimaient encore contre les violations des droits humains depuis l’intérieur du pays, au moyen de son blog et de son compte Twitter. Depuis lors, rares sont les informations fiables sur la situation des droits humains aux Émirats arabes unis ayant pu nous parvenir.
Ahmed Mansoor a été arrêté le 20 mars 2017 à son domicile dans l’émirat d’Ajman, aux Émirats arabes unis. Un an plus tard, son procès s’est ouvert devant la chambre de la Cour suprême fédérale d’Abou Dhabi chargée des affaires concernant la Sûreté de l’État. Le 29 mai 2018, il a été condamné à 10 ans de prison et une amende d’un million de dirhams émiriens (environ 270 000 dollars américains). La Cour a également ordonné son placement sous surveillance pendant trois ans après sa libération. Ahmed Mansoor a été condamné pour diverses infractions, notamment pour « atteinte au statut et au prestige des Émirats arabes unis et de leurs symboles », « publication de fausses informations dans le but de nuire à la réputation des Émirats arabes unis à l’étranger » et « présentation des Émirats arabes unis comme une terre sans loi ».Il a également été accusé de « coopération avec une organisation terroriste active hors du pays » mais a été acquitté de cette charge le 31 décembre 2018 par la Cour suprême fédérale d’Abou Dhabi chargée des affaires concernant la Sûreté de l’État, qui a confirmé sa déclaration de culpabilité et sa condamnation.
Depuis son arrestation, Ahmed Mansoor n’a reçu la visite de sa famille qu’à quelques rares occasions ; ces entrevues étaient soumises à des restrictions et initialement organisées dans des bureaux administratifs plutôt qu’en prison. Depuis sa condamnation, les visites se déroulent à la prison d’al Wathba, mais il reste impossible de confirmer son lieu de détention exact, car il est possible qu’il soit incarcéré à la prison de Sadr, non loin de là.

J'agis

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Monseigneur,

Le défenseur des droits humains Ahmed Mansoor a entamé une grève de la faim il y a plus de trois semaines afin de protester contre ses conditions de détention et contre le procès inique dont il a fait l’objet. Le 31 décembre 2018, la chambre de la Cour suprême fédérale d’Abou Dhabi chargée des affaires concernant la Sûreté de l’État a confirmé sa condamnation à 10 ans de prison en relation avec son travail en faveur des droits humains. Ahmed Mansoor avait été accusé d’« atteinte au statut et au prestige des Émirats arabes unis et de leurs symboles », de « publication de fausses informations dans le but de nuire à la réputation des Émirats arabes unis à l’étranger » et de « présentation des Émirats arabes unis comme une terre sans loi ».

D’après les informations reçues, Ahmed Mansoor se trouve soit à la prison de Sadr, soit à celle d’al Wathba, à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. Il est maintenu à l’isolement dans de mauvaises conditions depuis son arrestation le 20 mars 2017. Selon les normes minimales des Nations unies pour le traitement des prisonniers (règles Mandela), une détention à l’isolement pour une durée excédant 15 jours peut s’apparenter à un acte de torture ou à d’autres formes de mauvais traitements.

Je vous exhorte à annuler la déclaration de culpabilité et la peine d’Ahmed Mansoor, et à le libérer immédiatement et sans condition, car il s’agit d’un prisonnier d’opinion qui n’a fait qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression, notamment au travers de ses activités de défense des droits humains. En attendant sa libération, je vous demande de faire en sorte : que ses conditions de détention soient améliorées, conformément aux normes internationales en la matière ; qu’il ne soit pas soumis à la torture, ni à d’autres formes de mauvais traitements ; et qu’il puisse avoir immédiatement et régulièrement accès à sa famille et à tous les soins de santé dont il pourrait avoir besoin.

Veuillez agréer, votre Altesse, l’expression de ma haute considération,


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