Écrire Appelez le gouverneur de l’Ohio à revenir sur sa décision et à gracier un condamné à mort

Gary Otte doit être exécuté dans l’Ohio le 13 septembre. Il a été condamné à la peine capitale en octobre 1992 pour deux homicides commis huit mois plus tôt. Âgé de 20 ans lorsqu’il a été condamné à mort, il a aujourd’hui 45 ans. Le gouverneur a refusé de le faire bénéficier d’une mesure de grâce.

Robert Wasikowski, 61 ans, et Sharon Kostura, 45 ans, ont été abattus dans leurs appartements à Parma (Ohio), respectivement les 12 et 13 février 1992. Gary Otte a été arrêté le 13 février et, le lendemain, a avoué être l’auteur des deux meurtres. Il a renoncé à son droit de comparaître devant un jury populaire et, en septembre 1992, a été jugé et déclaré coupable par un collège de trois juges. Lors de la phase de détermination de la peine, en octobre 1992, après avoir examiné des éléments invoqués à titre de circonstances atténuantes – l’enfance difficile de l’accusé, sa dépression et sa dépendance à la drogue et à l’alcool dès son plus jeune âge –, les juges l’ont condamné à mort.

Il a été établi que Gary Otte avait bu et consommé de la drogue au moment des meurtres. Cependant, l’argument selon il était incapable de renoncer à ses droits « Miranda » (droit de garder le silence, droit d’avoir un avocat présent pendant l’interrogatoire) en connaissance de cause – compte tenu de son état psychique, de son fonctionnement intellectuel inférieur à la moyenne et de son épuisement, combinés à ses idées suicidaires et aux effets produits sur lui par le sevrage de drogue et d’alcool pendant sa garde à vue –, a été rejeté en appel. Gary Otte a été hospitalisé à deux reprises peu après le début de sa garde à vue, une première fois le 13 février 1992 dans la soirée, puis le 15 février aux petites heures du matin, peu après ses premiers aveux. Lorsque la cour fédérale d’appel a confirmé la peine de mort en 2011, l’un des trois juges a émis une opinion dissidente : « De telles réactions psycho-chimiques diminueraient l’aptitude de quiconque à mobiliser efficacement les capacités intellectuelles supérieures nécessaires pour prendre la décision de renoncer à un droit constitutionnel.

Le QI d’Otte étant inférieur à la moyenne, sa capacité de réflexion était encore moindre. Les effets des drogues, du sevrage, de la dépression et de l’épuisement sur les capacités cognitives déjà diminuées d’Otte étaient bien trop puissants pour que je puisse partager l’avis de mes collègues selon lequel Otte a renoncé à ses droits sciemment et de manière raisonnée. »
Les cours d’appel ont également rejeté l’argument selon lequel Gary Otte avait renoncé délibérément, sciemment et de façon raisonnée à son droit d’être jugé par un jury populaire.

Lors d’une audience postérieure à la déclaration de culpabilité, un pharmacologue cité par la défense a déclaré que, selon lui, le traitement antipsychotique que Gary Otte prenait en prison l’avait privé des capacités cognitives nécessaires pour prendre la décision de renoncer à ses droits ; cependant, le ministère public a présenté d’autres témoignages d’experts pour réfuter celui du pharmacologue. En outre, l’argument selon lequel les avocats de première instance auraient dû produire davantage d’éléments de preuve à titre de circonstances atténuantes (notamment le dossier scolaire médiocre de Gary Otte, sur lequel figurait une note indiquant qu’il « présentait de graves troubles émotionnels ») a été rejeté.

En février 2017, l’autorité de l’Ohio chargée des libérations conditionnelles pour les adultes s’est prononcée contre une mesure de clémence, après avoir entendu des informations sur l’enfance difficile de Gary Otte, marquée par les brimades, la marginalité sociale, la dépression et la dépendance à la drogue et à l’alcool. Gary Otte lui-même a demandé à bénéficier d’une mesure de grâce, exprimant des remords pour les crimes commis, affirmant qu’il avait changé depuis lors et se disant convaincu qu’il pourrait, si on le laissait en vie, avoir un impact positif sur la vie d’autres personnes, notamment en partageant son expérience sur les conséquences des brimades. Le 1er septembre, le gouverneur Kasich a annoncé qu’il rejetterait sa demande.

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