Écrire Craintes de torture pour des centaines de Rohingyas en détention

Des centaines de Rohingyas ont été arrêtés dans le cadre de l’opération de sécurité actuellement menée dans le nord de l’État d’Arakan, au Myanmar. À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée sur leur lieu de détention ni sur les faits qui leur sont reprochés. Toutes ces personnes risquent des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, ainsi que des procès iniques.

Depuis le 9 octobre 2016, selon une commission d’enquête gouvernementale, les autorités du Myanmar ont arrêté 485 personnes et « engagé des poursuites judiciaires » contre elles. Au nombre de ces personnes figurent des chefs de village, des propriétaires d’entreprise, des responsables religieux et des enseignants d’arabe, ainsi que de simples villageois. Dans certains cas, les hommes ne sont pas revenus après s’être présentés au quartier général des forces de sécurité, où ils avaient été convoqués. Dans d’autres cas, ils ont été arrêtés par les forces de sécurité de l’État alors que celles-ci effectuaient des descentes dans des villages pour trouver des assaillants présumés et des armes volées. Des proches de personnes arrêtées ont indiqué à Amnesty International qu’ils ne savaient pas où celles-ci étaient détenues, quels faits leur étaient reprochés ni si elles étaient autorisées à consulter un avocat. Le fait qu’aucune information ne soit disponible depuis plusieurs mois sur ces personnes laisse à craindre qu’elles n’aient été victimes de disparitions forcées.

Selon des témoignages recueillis par Amnesty International, certaines arrestations se sont accompagnées ou ont été suivies d’actes de torture et d’autres mauvais traitements. En octobre 2016, deux jeunes hommes rohingyas du nord de la municipalité de Maungdaw ont été battus pendant 30 minutes par les forces de sécurité de l’État avant d’être emmenés. En novembre, des soldats et des policiers ont frappé un homme du village de Kyet Yoe Pyin à coups de bâton pour le contraindre à révéler où se trouvaient des militants présumés. Sur une vidéo mise en ligne en décembre, on voyait également des policiers rouer de coups un jeune garçon rohingya au cours d’une opération de ratissage. D’après les médias d’État, six personnes sont mortes en détention depuis le 9 octobre, dont Kalim Ullah, un ancien employé de l’ONU âgé de 58 ans, décédé trois jours après avoir été arrêté dans le village de Ridar le 14 octobre.

Ceux qui dénoncent les violations des droits humains dans l’État d’Arakan risquent également des arrestations arbitraires et d’autres formes de représailles.

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