Écrire Craintes pour la sécurité de Mapuches inculpés d’"infractions terroristes"

La vie de quatre membres de l’ethnie mapuche est actuellement menacée, ces hommes observant une grève de la faim depuis plus de 100 jours pour protester contre les procédures judiciaires iniques engagées contre eux en vertu de la Loi relative à la lutte contre le terrorisme. Le 25 septembre, l’un d’eux est passé à une « grève sèche », refusant d’absorber tout liquide.
Le 10 juin 2016, Alfredo Tralcal Coche, Benito Trangol Galindo, Pablo Trangol Galindo et Ariel Trangol Galindo, tous membres du groupe indigène mapuche, ont été placés en détention provisoire dans la prison de Temuco (région de l’Araucanie, Chili) après avoir été accusés d’avoir incendié une église évangélique dans le courant du même mois. Il a été estimé que leur cas relevait de la Loi relative à la lutte contre le terrorisme, qui autorise le placement de personnes en détention provisoire pendant de longues périodes et permet une interprétation extrêmement large du terme « infractions terroristes ».
Des mécanismes internationaux relatifs aux droits humains ont établi que la notion d’« infractions terroristes » devait renvoyer exclusivement aux activités liées au recours à des violences meurtrières ou graves contre des civils, et que la détention provisoire pendant une période prolongée devait être l’exception et non la règle, afin que la présomption d’innocence et les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité soient respectés. Pourtant, la législation chilienne n’a absolument pas été modifiée et continue d’être utilisée presque exclusivement contre les peuples indigènes mapuches qui mènent des actions de protestation pour défendre leurs droits fonciers dans la région de l’Araucanie.
Pour dénoncer cette injustice, ces quatre hommes mapuches ont entamé une grève de la faim le 9 juin 2017, demandant à être jugés en application de législation pénale ordinaire et non de la Loi relative à la lutte contre le terrorisme. Le 25 septembre, Benito Trangol Galindo est passé à une « grève sèche », refusant d’absorber tout liquide pour tenter d’amener les autorités à garantir le respect d’une procédure régulière.
L’intégrité personnelle de ces quatre prévenus est menacée et les charges pesant sur eux au titre de la Loi relative à la lutte contre le terrorisme doivent être immédiatement abandonnées, afin qu’ils puissent être jugés dans le cadre d’une procédure pénale ordinaire pleinement conforme aux normes internationales. Amnesty International a exprimé à maintes reprises ses préoccupations quant à l’incompatibilité de cette loi avec les principes élémentaires de la légalité et du droit aux garanties d’une procédure régulière.

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