Écrire Des agents des services frontaliers séparent des familles de force

Des agents des services frontaliers des États-Unis ont séparé de force quatre pères demandeurs d’asile centraméricains de leurs enfants après leur arrivée aux États-Unis, en violation des normes américaines sur la préservation de l’unité familiale dans le contexte de la détention liée à l’immigration. Ces parents sont depuis lors en grande détresse psychologique, et on ignore toujours où se trouvent deux des enfants.

Entre le 10 et le 13 novembre, quatre pères originaires d’Amérique centrale, accompagnés chacun de son enfant, sont entrés aux États-Unis depuis le Mexique pour demander l’asile, après avoir fait l’objet de menaces de mort et de préjudices irréparables. Eric Edgardo M. C. et son fils Roger (trois ans) viennent du Honduras, et trois familles du Salvador : Jose D. F. et son fils Mateo (un an), Carlos B. A. et son fils Dominic (12 ans) et Walter R. A. et sa fille Melissa (cinq ans). Trois des familles se sont présentées au poste-frontière de San Ysidro, et les autorités frontalières ont arrêté la quatrième après son entrée clandestine aux États-Unis.

Après plusieurs jours de détention dans les locaux du Service des douanes et de la protection des frontières (CBP) du Département américain de la sécurité du territoire (DHS), le CBP a transféré les pères dans le bureau local de San Diego du Service de l’immigration et de l’application des règles douanières (ICE), qui relève également du DHS. Les autorités de l’ICE ont rendu visite au groupe à quatre reprises le 16 novembre, recourant à des tactiques d’intimidation pour contraindre les pères à accepter le placement de leur enfant en foyer. Elles n’ont pas permis aux pères d’utiliser un téléphone, leur ont dit que leurs demandes d’asile seraient compromises et ont exigé qu’ils leur remettent les enfants, sans quoi ceux-ci leur seraient retirés de force.

Bien que les pères aient refusé d’être séparés de leurs enfants, trois des pères, sous la contrainte, ont fini par les remettre aux autorités. Le quatrième s’y est refusé et les autorités ont recouru à la violence pour lui retirer l’enfant. Les autorités ont ensuite menotté les quatre pères et les ont transférés dans le centre de détention d’Otay Mesa, un établissement de l’ICE situé à San Diego, en Californie, où ils se trouvent toujours.

Aucun des pères n’a dit consentir officiellement à être séparé de son enfant, et les autorités de l’ICE ont refusé de les informer du lieu où leur enfant avait été emmené, se contentant de leur suggérer d’appeler une ligne téléphonique d’urgence du Bureau américain de réinstallation des réfugiés pour demander ce renseignement. Les pères et leur famille sont très angoissés de ne pas savoir où sont les enfants ni quelle est leur situation, et leur bien-être en est affecté.
Le CPB et l’ICE ont enfreint les normes nationales en matière de détention liée à l’immigration en s’abstenant de privilégier et de faciliter l’unité familiale dans le cas de ces personnes. Séparer des familles en quête d’asile est cruel, et a un effet dissuasif injustifié sur les demandeurs d’asile, souvent traumatisés, qui arrivent aux États-Unis après avoir fui des violences ou des persécutions dans leur pays d’origine.

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