Écrire Des militantes risquent des peines de prison

Onze militantes saoudiennes comparaissant devant le tribunal pénal à Riyadh risquent d’être condamnées à des peines d’emprisonnement pour des accusations liées à leurs activités militantes en faveur des droits des femmes.

La plupart se sont mobilisées contre l’interdiction de longue date faite aux femmes de prendre le volant en Arabie Saoudite et pour l’abandon du système de tutelle masculine.

Sept militantes ont été remises en liberté provisoire et conditionnelle, et quatre sont toujours en détention. Ces 11 femmes risquent d’être condamnées à des peines de prison.

Depuis mai 2018, au moins 15 militants, dont plusieurs défenseures des droits humains, sont maintenus en détention sans inculpation en Arabie saoudite. Le 19 mai, l’Agence de presse saoudienne a signalé que sept personnes ont été arrêtées en raison de leurs « contacts suspects avec des instances étrangères », du fait qu’elles ont « recruté des personnes occupant des postes sensibles au sein du gouvernement » et « fourni un soutien financier à des entités hostiles à l’étranger dans le but de saper la sécurité et la stabilité du royaume, et d’ébranler la paix sociale dans le pays ». Parmi elles figuraient les défenseures des droits humains de renom Loujain al Hathloul, Iman al Nafjan et Aziza al Yousef.

En juillet 2018, deux figures emblématiques de la défense des droits des femmes, Samar Badawi et Nassima al Sada, ont également été placées en détention arbitraire. Elles sont maintenues en détention sans inculpation. Nassima al Sada est placée à l’isolement depuis début février 2019. En juin 2018, les autorités ont arrêté les militantes des droits des femmes Nouf Abdulaziz et Mayaa al Zahrani, et des militants qui avaient déjà été persécutés pour leur travail en faveur des droits humains, comme Mohammed al Bajadi et Khalid al Omeir. Hatoon al Fassi, militante des droits des femmes et universitaire, aurait également été arrêtée quelque jours après la levée de l’interdiction faite aux femmes de conduire en Arabie Saoudite, en juin 2018.

En novembre 2018, des informations ont signalé que plusieurs militants, dont des femmes détenues de manière arbitraire depuis mai 2018, auraient été soumis à des actes de torture, à des violences sexuelles et à d’autres mauvais traitements au cours des trois premiers mois de leur détention (voir le Communiqué de presse : Arabie saoudite. Des informations font état de torture et de harcèlement sexuel à l’égard de militants maintenus en détention).

Depuis le 4 avril 2019, les autorités saoudiennes ont arrêté au moins 14 journalistes, écrivains et universitaires, dont Salah al Haidar, le fils de la militante des droits humains Aziza al Yousef. Abdullah al Duhailan, journaliste, romancier et défenseur des droits des Palestiniens, et Fahad Abalkhail, qui a soutenu la campagne Women to Drive (pour le droit des femmes à conduire), ont également été appréhendés. Dans un contexte de répression persistante, ce n’est pas par hasard que les autorités saoudiennes s’attaquent de manière éhontée à des citoyens qui sont des figures des milieux intellectuels, artistiques et militants actifs de la société.

La vague d’arrestations initiée en mai 2018 illustre la répression visant les défenseurs des droits humains en Arabie saoudite, qui continue d’étouffer la liberté d’expression, d’association et de réunion.

Depuis début 2018, plusieurs défenseurs des droits humains ont comparu devant le Tribunal pénal spécial et ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement, ainsi qu’à des interdictions de réseaux sociaux et de déplacement, au titre des dispositions de la loi antiterroriste, de ses décrets d’application et de la Loi relative à la lutte contre la cybercriminalité, en raison de leurs activités pacifiques en faveur des droits humains (voir le Communiqué de presse : Arabie saoudite. Premières condamnations de défenseurs des droits humains sous la houlette du prince héritier « réformiste » Mohammad Bin Salman).

Le 14 mars 2019, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté les conclusions de l’Examen périodique universel sur l’Arabie saoudite, dans le cadre du mécanisme d’examen du bilan du pays en termes de droits humains. Malgré les promesses de réformes faites lors de cette rencontre à Genève, les militantes se trouvent toujours en détention ou en détention arbitraire (voir la Déclaration publique : Saudi Arabia : Human Rights Defenders Remain in Detention Despite Promises of Reform).

J'agis

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Sire,

Le 28 mars 2019, les militantes Aziza al Yousef, Iman al Nafjan et Ruqayyah al Muharib, qui comptent parmi un groupe de 11 militantes traduites en justice, ont été libérées de manière provisoire et conditionnelle. Le 2 mai, ce fut le tour d’Amal al Harbi, Hatoon al Fassi, Abir al Namankani et Maysaa al Manea. Mayaa al Zahrani, Nouf Abdulaziz, Shadan al Anezi et Loujain al Hathloul sont toujours derrière les barreaux.

Ces 11 militantes saoudiennes étaient détenues depuis mai 2018, à la suite d’une vague d’arrestations ciblant les défenseurs des droits humains. La plupart des militantes traduites en justice se sont mobilisées contre l’interdiction de longue date faite aux femmes de prendre le volant en Arabie Saoudite et pour l’abandon du système de tutelle exercée par les hommes.
Durant les 10 premiers mois de leur détention, ces militantes ont été détenues sans inculpation. Elles ont été détenues au secret sans pouvoir recevoir de visites de leurs proches ni consulter leur avocat durant les trois premiers mois.

Lors de la première audience de leur procès, le 13 mars 2019, plusieurs militantes ont été inculpées d’être entrées en contact avec des organisations internationales, dont Amnesty International, des journalistes et d’autres militants. Depuis le début de leur procès, plusieurs d’entre elles ont déclaré au tribunal qu’elles ont subi des actes de torture, des mauvais traitements et des sévices sexuels au cours des trois premiers mois de leur détention. Le parquet a nié ces allégations. En outre, des diplomates et des journalistes se voient régulièrement interdire l’entrée de la salle d’audience.

Je vous demande d’abandonner toutes les charges pesant sur ces 11 militantes et de libérer immédiatement et sans condition celles qui se trouvent encore derrière les barreaux, car il s’agit de prisonnières d’opinion, détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association.

Enfin, je vous engage à autoriser la venue d’observateurs indépendants dans les prisons, afin d’enquêter sur les allégations de torture et d’autres formes de mauvais traitements, dont des sévices sexuels, et à autoriser les journalistes et les diplomates étrangers à assister aux audiences du procès.

Veuillez agréer, Sire, l’expression de ma haute considération,

VOS APPELS : arabe et anglais ou dans votre propre langue.


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