Écrire Des militants kurdes syriens détenus arbitrairement

Mohsen Taher, Amin Hussam et Bashar Amin, des militants de l’opposition kurdes syriens, ont été arrêtés arbitrairement par l’Asayesh, les forces de police de l’administration autonome dirigée par le Parti de l’union démocratique (PYD), dans le nord-est de la Syrie. Mohsen Taher et Amin Hussam ont été placés en détention le 9 mai, et Bashar Amin le 21 mai. Ils sont tous trois détenus sans inculpation dans des conditions déplorables à la prison d’Allaya, à Qamishli, dans le nord-est de la Syrie.
Mohsen Taher, 49 ans, et Amin Hussam, 58 ans, deux éminents militants de l’opposition kurdes syriens, ont été arrêtés par des membres de l’Asayesh le 9 mai dans la ville de Qamishli. D’après certains proches des détenus, des membres de l’Asayesh ont effectué une descente dans les bureaux du Conseil national kurde en Syrie à 19 h 15 le 9 mai et ont arrêté 13 membres dirigeants, dont Mohsen Taher et Amin Hussam. Le lendemain, la plupart de ces hommes ont été libérés, sauf Mohsen Taher, Amin Hussam et Fasla Youssef, tous trois membres du Conseil national kurde en Syrie, respectivement en tant que président des conseils locaux, membre du Secrétariat général et vice-président. Le 31 mai, Fasla Youssef a été libéré.

Bashar Amin, 70 ans, est membre du Conseil national kurde en Syrie et du bureau politique du Parti démocratique du Kurdistan syrien. Il a organisé une conférence de presse le 20 mai au bureau du Conseil national kurde en Syrie au cours de laquelle il a critiqué les pratiques répressives employées par l’Asayesh contre les militants politiques. Ce soir-là, vers minuit, une patrouille de l’Asayesh a effectué une descente au domicile de Bashar Amin à Hasakeh et l’a arrêté. Un membre de l’Asayesh a dit à la famille de Bashar Amin qu’aucun mandat d’arrêt n’avait été émis, mais qu’ils avaient reçu un « ordre » d’arrestation. On est resté sans nouvelles de Bashar Amin pendant 10 jours, bien que sa famille ait essayé de le retrouver en faisant le tour des centres de détention et des prisons d’Hasakeh et Qamishli pour demander s’il y est détenu. Le 1er juin, sa famille a reçu un appel de l’Asayesh indiquant que Bashar Amin était détenu à la prison d’Allaya, à Qamishli (nord-est de la Syrie).

Le 5 juin, les proches de Mohsen Taher, Amin Hussam et Bashar Amin ont enfin été autorisés à leur rendre visite à la prison d’Allaya pour la première fois depuis leur arrestation. Ils ont déclaré à Amnesty International qui les trois militants étaient actuellement détenus dans une petite cellule commune avec d’autres détenus. Un proche de Bashar Amin a expliqué qu’il avait d’abord été détenu à l’isolement les quatre premiers jours avant d’être transféré vers la cellule commune avec les autres militants. Mohsen Taher, Amin Hussam et Bashar Amin ont confirmé à leurs proches qu’ils n’avaient pas été officiellement inculpés et qu’ils ne pouvaient pas s’entretenir avec des avocats.

Les trois hommes sont détenus dans des conditions déplorables. Leurs proches ont indiqué qu’ils souffraient de la chaleur dans la cellule, en raison de l’absence de système de ventilation adapté et du manque de nourriture. Ces conditions ont des conséquences pour la santé des trois hommes. Mohsen Taher souffre de douleurs de dos chroniques et Amin Hussam de migraines chroniques et d’une maladie neurodégénérative touchant sa jambe droite, et ils ont besoin d’un traitement permanent. Bashar Amin souffre quant à lui de problèmes cardiaques et a besoin d’une nourriture et de soins médicaux adaptés.

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