Écrire Des militants pacifiques arrêtés et inculpés

Les 20 et 21 janvier, cinq militants ont été arrêtés, dont un affirme avoir été enlevé et maltraité par des militaires avant d’être emmené dans un poste de police. Ces personnes et six autres militants vont être jugés par un tribunal militaire. Ils encourent six mois d’emprisonnement et/ou une amende pour avoir participé à des activités pacifiques visant à mettre en lumière la corruption au sein de l’État.

Le 20 janvier vers 22 h 30, huit hommes encagoulés et vêtus d’uniformes de l’armée sont arrivés à l’université Thammasat de Bangkok, la capitale, dans deux véhicules dont les plaques d’immatriculation n’étaient pas visibles et ont forcé Sirawith Seritiwat, un étudiant, à monter. Ce jeune homme a indiqué par la suite à des journalistes qu’on lui avait couvert le visage avant de l’emmener dans un lieu inconnu où on lui avait asséné des coups de pied et de poing, appuyé un objet tranchant dans le dos et adressé des insultes parce qu’il avait refusé de s’accroupir sur le gazon. Le 21 janvier avant l’aube, des soldats du deuxième régiment d’infanterie (deuxième bataillon) l’ont déposé au poste de police de Nimit Mai, à Bangkok. Il a ensuite été emmené au poste de police ferroviaire de Thonburi, situé également dans la capitale, où il a été arrêté officiellement le 21 janvier à 4 heures du matin.
Sirawith Serithiwat et cinq autres militants étaient sous le coup d’un mandat d’arrêt car ils ne s’étaient pas présentés à leur convocation au poste de police ferroviaire de Thonburi le 22 décembre 2015. Ils étaient accusés d’avoir participé à un rassemblement politique illégal.

Chonticha Jaeng-rew, une étudiante, et Korakoch Saengyenpan, Abhisit Sapnaphapan et Chanoknan Ruamsap, des militants, ont aussi été arrêtés le 21 janvier. Le tribunal militaire de Bangkok les a inculpés de violation d’une interdiction officielle concernant les rassemblements « politiques » de cinq personnes et plus avant de les faire libérer. Thanet Anantawong aurait quitté la Thaïlande.

Les six militants cités, ainsi que Kititach Sumanop, Wisarut Anupoonkarn, Kornanok Kamda, Wijit Hanhaboon et l’avocat Anon Numpa, encourent six mois d’emprisonnement et/ou une amende de 10 000 bahts (environ 276 dollars des États-Unis) et risquent un procès inique devant un tribunal militaire. Ils appartiennent à un groupe de 37 militants qui ont été détenus plusieurs heures le 7 décembre alors qu’ils se rendaient au parc Rajabhakti, dans la province de Prachuap Khiri Khan, avec l’intention de mettre en lumière la corruption dont avaient bénéficié certains militaires et fonctionnaires lors de la construction du parc.

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