Écrire Des pasteurs poursuivis sur la base d’accusations forgées de toutes pièces risquent la prison

À la suite de pressions internationales, l’armée du Myanmar a annoncé que deux pasteurs kachins dont on était sans nouvelles, Dumdaw Nawng Lat et Langjaw Gam Seng, étaient actuellement entre les mains de la police et faisaient l’objet de poursuites qu’Amnesty International pense motivées par des considérations politiques. S’ils sont déclarés coupables, ils encourent jusqu’à six ans d’emprisonnement. On craint que leur état de santé ne se détériore pendant leur détention.

Le 19 janvier 2017, l’armée du Myanmar a publié un communiqué de presse indiquant qu’elle avait arrêté Dumdaw Nawng Lat et Langjaw Gam Seng le 24 décembre 2016 et qu’elle les maintenait en détention, en application de l’article 376 de la Constitution du Myanmar, pour avoir communiqué des informations à des groupes ethniques armés, les avoir soutenus financièrement et avoir recruté pour leur compte. Les deux hommes ont été détenus par l’armée pendant près d’un mois, sans être inculpés ni pouvoir contacter un avocat et leur famille.

À la suite du communiqué de presse, Dumdaw Nawng Lat et Langjaw Gam Seng ont été transférés au poste de police de Muse, dans l’État chan (nord du Myanmar), où ils sont maintenus en détention. Les deux hommes ont été inculpés au titre de l’article 17 (1) de la Loi de 1908 relative aux associations illégales, ainsi que de l’article 8 de la Loi de 2012 relative aux importations et aux exportations pour détention d’une moto sans permis. La peine maximale prévue pour ces deux infractions est de trois ans d’emprisonnement. La prochaine audience doit avoir lieu le 6 mars 2017 au tribunal municipal de Muse.

Selon des proches, Dumdaw Nawng Lat et Langjaw Gam Seng sont des hommes d’église et ne font partie d’aucun groupe ethnique armé. La Loi de 1908 relative aux associations illégales est un texte formulé en des termes vagues que les autorités du Myanmar utilisent depuis longtemps à des fins politiques. Amnesty International est préoccupée par le fait que les charges pesant sur les deux pasteurs ont été retenues pour des motifs politiques, en ce qu’elles sont liées au rôle qu’ils ont joué dans une visite organisée fin novembre 2016 dans la ville de Monekoe pour montrer à des journalistes les destructions causées par des attaques aériennes imputées à l’armée du Myanmar.

La santé des deux hommes suscite des inquiétudes, car Langjaw Gam Seng aurait de la fièvre et Dumdaw Nawng Lat se plaint d’une mauvaise toux et de douleurs thoraciques. Ils ont pu voir une infirmière, mais on ignore s’ils ont été examinés par un médecin.

Action terminée

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Continuons à agir

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse