Écrire Des spécialistes de la santé mentale demandent une mesure de clémence pour un condamné à mort

Ricky Gray doit être exécuté en Virginie le 18 janvier. Plus de 50 professionnels de la santé mentale ont écrit au gouverneur de cet État pour lui demander une mesure de clémence au vu de l’enfance de ce prisonnier, marquée par de graves violences physiques et sexuelles, et des conséquences qu’elle a eues sur lui.

Kathryn et Bryan Harvey et leurs deux fillettes ont été tués au cours d’un cambriolage de leur domicile à Richmond, en Virginie, le 1er janvier 2006. Ricky Gray a été condamné à mort pour le meurtre des enfants et à la réclusion à perpétuité pour celui de leurs parents. Son coaccusé s’est vu infliger, quant à lui, la réclusion à perpétuité.

Dans une lettre datée du 10 janvier 2017, plus de 50 professionnels, travaillant dans les domaines de la santé mentale, de la prise en charge et de la défense des victimes de violences et d’abus sexuels, et de la prévention et du traitement des toxicomanies et des addictions, appellent le gouverneur Terry McAuliffe à « reconnaître l’impact que ces facteurs ont eu sur l’existence de M. Gray » et à commuer sa peine de mort. Les crimes concernés « sont horribles », continue la lettre, mais « il est également incontestable que Ricky Gray a été victime d’atroces violences sexuelles et physiques, dès le plus jeune âge et pendant toute son enfance, ce qui l’a conduit à la toxicomanie, à des addictions invalidantes et, pour finir, à un comportement criminel ».

En 2016, un psychologue clinicien a décrit « la violence, la négligence et le chaos omniprésents » tout au long de l’enfance de Ricky Gray. Outre les « coups de poing, les coups de fouet et autres coups » que lui infligeait son père, il a subi des viols à répétition par son demi-frère, qui « étaient si omniprésents – si fréquents et pendant une si longue période – qu’on ne peut que les qualifier d’esclavage sexuel ». Sa consommation d’alcool et de drogues alors qu’il était encore très jeune a entraîné une toxicomanie devenant son « seul moyen de supporter les expériences traumatisantes insurmontables qui ont marqué son enfance ».

Ricky Gray a commencé à boire de l’alcool dès l’âge de neuf ans et à fumer du cannabis à partir de 11 ans. À 11 ou 12 ans, sa « drogue de prédilection est vite devenue le PCP (phéncyclidine), car il avait l’effet miraculeux de lui donner l’impression d’être immunisé contre la peur chronique dont il était saisi sans cela ». En 2013, un neuropharmacologue a déclaré : « À mon avis, M. Gray était sous l’emprise du PCP au moment de ces crimes et la consommation de PCP a très fortement influencé son comportement à ce moment-là ». Ce spécialiste a expliqué en détail que, entre autres choses, « le PCP provoque des symptômes psychotiques qui imitent la schizophrénie paranoïaque ».

La lettre des professionnels au gouverneur conclut : « M. Gray est un exemple significatif de personne qui avait besoin que quelqu’un intervienne lorsqu’il était petit enfant et subissait des violences terrifiantes aux mains de membres de sa famille, ou lorsqu’il était tout jeune adolescent et s’est tourné par désespoir vers les drogues pour tenter d’atténuer les conséquences douloureuses de ces violences. Mais à présent nous devons tous faire face à la cruelle réalité, qui est que personne n’est intervenu. » Parmi les signataires figurent deux membres récents du Département de la santé comportementale et des services liés aux troubles du développement de l’État de Virginie.

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