Écrire Deux artistes purgent leurs peines de trois ans d’emprisonnement

Le 4 juin, le musicien iranien Mehdi Rajabian et son frère, le réalisateur Hossein Rajabian, ont commencé à purger leurs peines de trois ans d’emprisonnement. Tous deux sont des prisonniers d’opinion. Yousef Emadi, arrêté et jugé en même temps que ces deux hommes, reste en liberté.
Le 4 juin, Mehdi Rajabian (musicien) et son frère Hossein Rajabian (réalisateur) ont commencé à purger leurs peines de trois ans d’emprisonnement à la prison d’Evin, à Téhéran. Le 26 mai, ils avaient reçu une convocation de la part du bureau du procureur de la prison d’Evin, les informant qu’ils devaient se présenter à la prison sous cinq jours pour commencer à purger leurs peines. Pendant quasiment les deux premiers mois de son incarcération, Mehdi Rajabian n’a pas été autorisé à recevoir le traitement que son médecin lui avait indiqué être essentiel pour éviter l’apparition d’une maladie auto-immune. Ce n’est que début août qu’on lui a fait l’injection dont il a besoin chaque mois. Le musicien Yousef Emadi, arrêté et jugé en même temps que Mehdi et Hossein Rajabian, reste en liberté.
Mehdi Rajabian, Hossein Rajabian et Yousef Emadi ont été arrêtés en octobre 2013. Détenus dans un lieu inconnu pendant 18 jours, ils ont ensuite passé deux mois à l’isolement dans la section 2A de la prison d’Evin avant d’être remis en liberté sous caution. Les trois hommes ont affirmé qu’on les avait passés à tabac et soumis à des décharges électriques pour leur extorquer des « aveux », qui ont ensuite été utilisés comme éléments à charge pour les faire condamner par la justice. Leur procès, qui a eu lieu le 26 avril 2015 devant la 28e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, n’a duré que trois minutes et a été contraire aux règles d’équité les plus élémentaires. Les trois hommes ont été condamnés à six ans d’emprisonnement et à une amende après avoir été déclarés coupables d’« atteinte aux valeurs sacrées islamiques », de « propagande contre le système » et d’« activités audiovisuelles illégales ». Les charges retenues contre eux sont en rapport avec leurs activités artistiques, notamment avec le long métrage d’Hossein Rajabian portant sur le droit au divorce des femmes en Iran, et avec la diffusion par Mehdi Rajabian et Yousef Emadi de musiques non autorisées, enregistrées par des chanteurs iraniens à l’extérieur du pays, dont certaines paroles et certains messages sont politiques ou abordent des sujets tabous. En février 2016, ils avaient été informés qu’ils devaient purger la moitié de leurs peines d’emprisonnement, soit trois années au lieu de six, sur décision d’une juridiction d’appel de Téhéran. Celle-ci avait assorti le reste de leur peine d’un sursis de cinq ans, sous réserve de « bonne conduite ».

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