Écrire Exécution imminente après 34 ans dans le couloir de la mort

John Conner, un homme de 60 ans qui est dans le couloir de la mort de l’État de Géorgie depuis 34 ans, doit être exécuté le 14 juillet. Lors de son procès, il était représenté par un avocat inexpérimenté et le jury n’a pas été informé de son enfance marquée par la violence, ni de sa possible déficience intellectuelle.
Le 10 janvier 1982, le corps de J.T. White a été retrouvé dans le comté de Telfair, en Géorgie. Son ami John Wayne Conner, alors âgé de 25 ans, a déclaré à la police qu’il s’était battu sous l’emprise de l’alcool avec J.T. White lorsque ce dernier avait fait des commentaires obscènes sur sa fiancée. Il a tenté de se suicider en détention avant son procès et a été hospitalisé pendant plusieurs semaines.
Lors de son procès, John Conner a été représenté par un avocat de 26 ans qui n’avait jamais défendu une personne encourant la peine de mort. Celui-ci n’a présenté aucun élément au cours du procès, qui n’a duré que trois jours en comptant la sélection des jurés. À l’issue du verdict de culpabilité rendu par le jury, l’avocat a informé le juge que son client lui avait demandé de ne présenter aucune circonstance atténuante, à quelques minutes de l’audience de détermination de la peine. Ni son avocat, ni le juge n’ont pleinement expliqué à John Conner ce qu’impliquait sa décision. Malgré le fait que son client était probablement atteint d’une déficience intellectuelle, avait un terrain dépressif et avait tenté de se suicider peu de temps avant, l’avocat n’a pas tenté d’obtenir un report de l’audience, qui a donc débuté quelques minutes après. Aucun élément n’a été présenté à titre de circonstance atténuante. Les jurés ont voté en faveur de la peine de mort le jour même, le 14 juillet 1982.
Ils n’ont pas eu connaissance de l’enfance de John Conner, marquée par la pauvreté et la violence aux mains d’un père alcoolique. L’une de ses sœurs a affirmé que « c’était un enfer de grandir chez les Conner » et ses avocats actuels ont décrit une enfance où régnait « une violence familiale extraordinaire, avec un usage fréquent des couteaux et des armes à feu, une consommation régulière de drogue et d’alcool, et de graves maltraitances physiques, sexuelles et psychologiques ». Étant enfant, « John a été témoin et victime de diverses formes de violence, notamment de coups assénés à l’aide de cordes, de tuyaux d’arrosage, de bâtons et de racines [...], de moqueries à l’égard de ses capacités intellectuelles limitées, et de coups de couteau et de tirs de fusil par son père ». John Conner s’est tourné vers l’alcool et les stupéfiants pour soulager son anxiété et sa dépression, ce qui n’a fait qu’accentuer ses problèmes. Il a fait plusieurs tentatives de suicide. En appel, trois experts engagés par la défense ont certifié que John Conner était atteint d’une déficience intellectuelle, mais trois autres spécialistes présentés par l’accusation ont conclu qu’il ne l’était pas. Un juge fédéral a statué que sa déficience intellectuelle n’avait pas été prouvée et la cour d’appel fédérale a estimé que cette décision n’était « pas clairement erronée ».
John Conner n’a fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire depuis 17 ans, et seulement de trois en 34 années. Il a surmonté ses addictions, s’est mis à la peinture dans le cadre d’une thérapie artistique, et il est devenu un modèle positif pour d’autres personnes. L’un des anciens gardiens du quartier des condamnés à mort qui sont favorables à une mesure de clémence pour John Conner considère que les détenus comme lui rendent la prison « plus sûre pour tout le monde ».

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