Écrire Exécution prévue au Texas pour un homme reconnu coupable de meurtres commis à l’âge de 18 ans

Clinton Young doit être exécuté dans l’État du Texas le 26 octobre. Il a été reconnu coupable de meurtre passible de la peine capitale en 2003 pour deux homicides par balle commis sur deux jours en novembre 2001. Il avait 18 ans au moment des faits. Il continue de clamer son innocence.

Le 24 novembre 2001, Doyle Douglas a été blessé par balle dans la voiture à bord de laquelle lui, Clinton Young, Mark Ray, David Page et Darnell McCoy s’étaient rendus à Longview, dans l’ouest du Texas, pour acheter de la marijuana. Il a été placé dans le coffre du véhicule et conduit jusqu’à un ruisseau, au bord duquel il a de nouveau été blessé par balle et a succombé à ses blessures. Le lendemain, Samuel Petrey a été abattu près de Midland, à environ 725 km à l’ouest de Longview. Selon les éléments présentés lors du procès, David Page et Clinton Young l’avaient auparavant enlevé et emmené là depuis Brookshire. Ils ont quitté les lieux ensemble dans le véhicule de la victime, puis se sont séparés.

David Page est alors allé voir la police. Des policiers ont vu Clinton Young au volant du pick-up de Samuel Petrey et l’ont arrêté à l’issue d’une course-poursuite. Un expert médicolégal des armes à feu a conclu que le pistolet trouvé dans le véhicule avait tiré les deux balles dont les douilles avaient été découvertes dans la voiture de Doyle Douglas et les deux autres dont celles avaient été retrouvées près du corps de Samuel Petrey. Clinton Young a été inculpé des deux meurtres, déclaré coupable le 27 mars 2003 et condamné à mort le 14 avril 2003.

Clinton Young est le plus jeune des protagonistes de l’affaire (il avait 18 ans et quatre mois au moment des faits), et le seul à avoir été condamné à mort. Darnell McCoy n’a pas été inculpé. Mark Ray a été inculpé du meurtre de Doyle Douglas, a plaidé coupable d’enlèvement sans circonstances aggravantes en juin 2003, a été condamné à 15 ans de prison et est aujourd’hui libre. David Page a plaidé coupable d’enlèvement avec circonstances aggravantes en décembre 2003 aux termes d’un accord avec le ministère public, en échange de quoi il a été condamné à 30 ans de prison au lieu de la peine de mort. Tous deux ont témoigné contre Clinton Young.

Pour que Clinton Young puisse être reconnu coupable et condamné à mort, il fallait que le jury conclue qu’il avait tué la seconde victime. L’unique élément l’identifiant comme l’auteur des tirs sur Samuel Petrey était le témoignage de David Page, seule autre personne présente sur les lieux du crime. Celui-ci a affirmé que Clinton Young avait tiré sur Samuel Petrey à une distance de 2 à 3,5 mètres, mais les plaies par balle de la victime présentaient des traces montrant qu’elle avait été tuée à bout portant, à une distance ne dépassant pas 0,6 mètre. Depuis le procès, quatre personnes ont signé des déclarations sous serment laissant penser que Clinton Young n’a pas tiré sur Samuel Petrey. Selon les avocats de Clinton Young, les résidus de poudre détectés sur une paire de gants trouvée sur les lieux du meurtre de Samuel Petrey appuient également la thèse de son innocence.

Dans une déclaration sous serment datant de 2015, David Page a indiqué que les représentants du ministère public lui avaient dit : « Si vous nous aidez, nous vous aiderons. » Il a ajouté : « Pour accroître mes chances d’obtenir un accord avantageux sur ma peine, je me suis efforcé de faire paraître Clint aussi mauvais que possible. » En février 2002, David Page a échoué à un test au détecteur de mensonge concernant son degré d’implication dans les tirs, dont les réponses ont été jugées trompeuses.

Le juge a refusé d’accéder à la requête des avocats de la défense en vue d’intégrer le témoignage de l’examinateur chargé du test dans les éléments de preuve afin de remettre en cause le témoignage de David Page. Lorsqu’elle a confirmé la condamnation à mort en 2014, une juridiction fédérale a statué que le contre-interrogatoire de David Page par la défense avait déjà permis au jury d’être informé des incohérences dans sa version des faits et que les droits de Clinton Young n’avaient donc pas été violés par l’exclusion du témoignage de cet examinateur.

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