Écrire Grêve de la faim pour protester contre la torture en détention

Huit détenus de la minorité derviche Gonabadi en Iran ont entamé une grève de la faim le 27 mars pour protester contre la torture et les mauvais traitements qu’ils affirment subir. L’un d’entre eux, Abbas Dehghan, aurait été menacé de voir son épouse violée devant lui s’il n’« avouait » pas. Ces hommes ont besoin de soins médicaux pour les blessures subies au moment de leur arrestation le 19 février.
Abbas Dehghan, Javad Khamis Abadi, Kianoush Abbaszadeh, Ahmad Mousavi, Nour Ali Mousavi, Mehdi Eskandari, Amir Labbaf et Mir Sadegh ont entamé une grève de la faim le 27 mars pour protester contre le traitement qui leur est réservé en détention ; ils dénoncent notamment des actes de torture. Ils sont détenus au centre de Shapour, à Téhéran, géré par le Service des enquêtes de la police iranienne (Agahi), bien connu pour recourir à la torture afin d’extorquer des « aveux ». Les méthodes de torture décrites incluent les coups de pied et de poing, les coups de tuyaux en plastique, de câbles ou de fouets, le fait d’être ligotés de manière prolongée et diverses formes de suspension, notamment la méthode du « kebab au poulet », qui consiste à suspendre la personne à un poteau, les bras pliés vers l’arrière et attachés aux chevilles, et à la fouetter.
Ces hommes ont été arrêtés le 19 février 2018 pour avoir participé à une manifestation qui a dégénéré, lorsque les forces de sécurité ont asséné des coups et recouru à des armes à feu, à des canons à eau et à des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, procédant à plus de 300 arrestations. Les manifestants arrêtés ont été initialement conduits à la prison de Fashafouyeh, près de Téhéran, puis transférés au centre de détention de Shapour pour être interrogés. Dans certains cas, les familles n’ont pas été informées du lieu où ils se trouvaient pendant plusieurs semaines. Selon les autorités, les détenus ne sont pas autorisés à consulter leurs avocats tant que les interrogatoires ne sont pas terminés. Selon les informations reçues par Amnesty International, Abbas Dehghan subit des pressions dans le but de le faire « avouer » qu’il a tué un membre des bassidjis (miliciens volontaires) habillé en civil, en fonçant délibérément sur lui en voiture lors des affrontements en marge de la manifestation du 19 février. Cette accusation est niée par les membres de la communauté derviche, qui assurent que cet homme a été abattu par des policiers qui l’ont pris à tort pour un manifestant. Sur des images publiées par les médias officiels, on peut voir un milicien mort qui présente des impacts de balles sur le corps. Selon les informations reçues par Amnesty International, Abbas Dehghan a été menacé, s’il ne passait pas aux « aveux », de voir sa femme arrêtée et violée devant lui.

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