Écrire Jugement attendu pour un défenseur des droits humains

Le 24 décembre 2018, la Cour suprême fédérale des Émirats arabes unis doit examiner l’appel interjeté par l’éminent défenseur des droits humains et prisonnier d’opinion Ahmed Mansoor. La cour devrait rendre un verdict définitif. Le 29 mai, Ahmed Mansoor a été déclaré coupable entre autres d’« outrage aux Émirats arabes unis et à leurs symboles » et condamné à 10 ans de prison.
Ahmed Mansoor, éminent défenseur des droits humains, doit comparaître en appel devant la Chambre de sûreté de l’État de la Cour suprême fédérale des Émirats arabes unis dans la capitale Abou Dhabi, le 24 décembre 2018. On ignore encore si la cour rendra son verdict.
Le 29 mai, la Chambre de sûreté de l’État de la Cour d’appel fédérale d’Abou Dhabi a condamné Ahmed Mansoor à 10 ans de prison et à une amende d’un million de dirhams émiriens (240 000 euros environ). La Chambre a également ordonné son placement sous surveillance pendant trois ans après sa libération. Ahmed Mansoor a été condamné pour diverses infractions, notamment pour « atteinte au statut et au prestige des Émirats arabes unis et de leurs symboles », dont leurs dirigeants, « publication de fausses informations dans le but de nuire à la réputation des Émirats arabes unis à l’étranger » et « présentation des Émirats arabes unis comme une terre sans loi ». Il a été acquitté du chef d’accusation de « coopération avec une organisation terroriste agissant en dehors du pays ».
Le 4 octobre 2018, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant le harcèlement, la persécution et la détention d’Ahmed Mansoor, et réclamant sa libération. Cette résolution indiquait également pour la première fois qu’il avait fait appel de sa condamnation et qu’il était détenu à la prison d’al Sadr à Abou Dhabi. Depuis son arrestation, Ahmed Mansoor n’a reçu que très peu de visites familiales, limitées, qui se sont déroulées dans des bureaux du gouvernement plutôt qu’en prison, afin qu’il soit impossible de confirmer son lieu de détention.

Ahmed Mansoor est marié et a quatre jeunes garçons. Il est membre du Comité consultatif de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, et membre de la Commission consultative du Centre du Golfe pour les droits de l’homme. Depuis 2006, il rassemble des informations sur la situation des droits humains aux Émirats arabes unis, et s’exprime publiquement, à travers son blog, les réseaux sociaux et des entretiens dans les médias internationaux, en faveur des normes internationales relatives aux droits humains.

Ahmed Mansoor a été arrêté le 20 mars 2017 à son domicile dans l’émirat d’Ajman, aux Émirats arabes unis. Plusieurs heures après son arrestation, le site internet d’informations officiel géré par l’État a annoncé qu’il avait été arrêté sur l’ordre du parquet responsable de la cybercriminalité et qu’il était détenu dans l’attente d’un complément d’enquête. D’après cette déclaration, il était accusé d’« utilisation des réseaux sociaux pour publier des informations fausses et trompeuses qui nuisent à l’unité nationale, à l’harmonie sociale et à la réputation du pays » et de « promotion de pensées incitant à la haine et à l’intolérance religieuse ».

Le 28 mars 2017, un groupe d’experts des droits humains des Nations unies a appelé le gouvernement du pays à remettre immédiatement Ahmed Mansoor en liberté, considérant son arrestation comme « une attaque visant directement le travail légitime des défenseurs des droits humains aux Émirats arabes unis ». Ils craignent que son arrestation « ne constitue un acte de représailles en raison de son engagement auprès des mécanismes de protection des droits humains des Nations unies et des opinions qu’il a exprimées sur les réseaux sociaux, notamment Twitter ». Voir aussi : http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21449&LangID=E&_sm_au_=iVV5L7PTt6N6VHk6.

Le 29 mars 2017, les autorités ont déclaré qu’Ahmed Mansoor était détenu dans la prison centrale (Al Wathba) d’Abou Dhabi, qu’il avait eu « la liberté d’engager un avocat » et que sa famille était autorisée à lui rendre visite. Malgré ces affirmations, le lieu de détention exact d’Ahmed Mansoor n’a pas pu être vérifié. Selon les informations dont dispose Amnesty International, il n’a pas pu consulter d’avocat et fait l’objet d’un maintien à l’isolement prolongé, en violation de l’interdiction de la torture et des mauvais traitements. Depuis son arrestation, il n’a reçu que de rares visites de sa famille, sous surveillance, le 3 avril et le 17 septembre 2017, lorsqu’il a été conduit au siège du bureau du procureur à Abou Dhabi.

À la fin du mois de février 2018, un groupe d’organisations internationales de défense des droits humains a commissionné deux avocats irlandais pour qu’ils se rendent à Abou Dhabi afin de tenter de rencontrer Ahmed Mansoor. Les autorités émiriennes ont donné aux deux avocats des informations contradictoires sur le lieu où il se trouvait. Le ministère de l’Intérieur, organe officiel responsable des prisons et des prisonniers, a affirmé ne pas savoir où il était détenu et les a renvoyés à la police, qui leur a également dit qu’elle ne disposait d’aucune information à ce sujet. Les avocats se sont aussi rendus à la prison d’Al Wathba, à Abou Dhabi. Toutefois, la direction a affirmé qu’Ahmed Mansoor ne s’y trouvait pas. Voir aussi : Émirats arabes unis. Déclaration conjointe. Un an plus tard, on ne sait toujours pas où se trouve Ahmed Mansoor, défenseur des droits humains primé pour son action (MDE 25/8101/2018, 20 mars 2018, https://www.amnesty.org/fr/documents/mde25/8101/2018/fr/).

Nom : Ahmed Mansoor
Homme

Action terminée

Toutes les infos
Toutes les actions

Ahmed H. doit être autorisé à rentrer chez lui

Ahmed H., incarcéré à tort pour « complicité d’acte terroriste », n’a plus vu sa femme et ses filles depuis 4ans. Chypre doit l’autoriser à rentrer chez lui, auprès de sa famille. Il risque d’être renvoyé en Syrie.