Écrire L’état de santé d’un défenseur des droits se détériore en prison

L’état de santé de Taleh Khasmammadov, le défenseur des droits humains azerbaïdjanais actuellement en détention, continue de se détériorer progressivement. Il ne reçoit pas les soins médicaux nécessaires à l’hôpital de la prison. Il purge actuellement une peine de trois ans d’emprisonnement pour des accusations motivées par des considérations politiques.

Le défenseur des droits humains, Taleh Khasmammadov, originaire de Goychay, dans le centre de l’Azerbaïdjan, enquêtait sur des affaires de corruption locale et de violences policières et les dénonçait depuis plusieurs années. Il purge actuellement une peine de trois ans de prison pour des accusations qui semblent motivées par des considérations politiques. Selon la famille de Taleh Khasmammadov, il est atteint d’un grave goitre (un gonflement de la thyroïde) en raison duquel il souffre de graves maux de tête et a des difficultés à respirer. Taleh Khasmammadov a été frappé de nombreuses fois, a été placé en détention à l’isolement et son état de santé s’est davantage détérioré en raison des conditions de détention éprouvantes.

Le 22 février, après de nombreuses demandes de sa famille, l’administration pénitentiaire a enfin accepté de le transférer à l’hôpital de la prison.

Cependant, sa mère et sa femme lui ont rendu visite début mars et pensent qu’il ne reçoit pas les soins dont il a besoin, car son état de santé continue de se détériorer et il reste alité. Selon sa mère, il a besoin d’un réel examen médical et d’une opération chirurgicale qu’il ne peut recevoir de manière adaptée et sûre à l’hôpital de la prison.

Taleh Khasmammadov avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement le 20 avril 2012 pour d’autres accusations de houliganisme et Amnesty International le considérait à l’époque comme un prisonnier d’opinion. Il avait été accusé d’avoir agressé quatre agents de police dans un commissariat, peu de temps après avoir publié plusieurs articles sur l’implication de la police dans des activités liées au crime organisé. Taleh Khasmammadov avait été libéré le 28 décembre 2012 à la faveur d’une grâce présidentielle. Une fois libéré, il avait recommencé à enquêter et à dénoncer la corruption des autorités locales et de la police et avait de nouveau été arrêté le 24 février 2015 pour des accusations de houliganisme selon lesquelles il aurait frappé un homme puis agressé des policiers. Deux policiers ayant témoigné contre lui ont affirmé que Taleh Khasmammadov avait frappé l’homme à la suite d’une dispute, que celui-ci avait perdu connaissance et que Taleh Khasmammadov avait alors agressé les policiers lorsqu’ils avaient essayé d’intervenir. Sa mère, qui a été témoin de la scène, a expliqué qu’un homme les avait approchés alors qu’ils étaient au marché de Goychay, avait craché au visage de Taleh Khasmammadov et s’était jeté au sol, prétendant d’être inconscient. Des policiers se trouvant à proximité ont arrêté Taleh Khasmammadov sans qu’il n’oppose de résistance. Le tribunal a refusé de visionner les images de vidéosurveillance des faits ou d’entendre les témoins de la défense. Il a été condamné à trois ans d’emprisonnement le 22 juillet.

Taleh Khasmammadov est le directeur de l’ONG Right and Law et travaille depuis plusieurs années sur des affaires de corruption locale et de violences policières dans les régions de Goychay et d’Ujar, en Azerbaïdjan. Amnesty International le considérait comme un prisonnier d’opinion en 2012, après son arrestation pour des accusations de houliganisme forgées de toutes pièces et faisant suite à la publication d’un article affirmant que la police locale avait collaboré avec des bandes criminelles. Il a de nouveau été arrêté en 2014 après avoir repris ses activités d’enquête et de reportage critique sur la corruption des autorités locales et de la police, ce qui laisse craindre que les accusations portées contre lui ne soient motivées par des considérations politiques et ne soient des représailles pour ses activités de reportage critique.

Selon la mère de Taleh Khasmammadov, il a été victime de mauvais traitements pendant sa détention. Pendant les 20 premiers jours de sa détention provisoire, il n’a pas été autorisé à contacter sa famille et son avocat. Il n’a pas non plus été autorisé à se laver et n’a pas pu recevoir la nourriture et les vêtements que sa famille lui avait envoyés. Les organisations de défense des droits humains et les médias locaux ont signalé que les normes internationales en matière d’équité des procès n’avaient pas été respectées : les témoins de la défense n’ont pas pu être entendus et les images de vidéosurveillance des évènements n’ont pas été visionnées, ce qui a entaché les procédures d’irrégularités.

Amnesty International est préoccupée de longue date par le fait que les autorités azerbaïdjanaises ne protègent pas les droits aux libertés d’expression, d’association et de réunion, en violation de leurs obligations au regard du droit international. Les défenseurs des droits humains sont souvent emprisonnés pour des accusations forgées de toutes pièces ou motivées par des considérations politiques, par mesure de représailles pour leur travail ou déclarations critiques. Des mauvais traitements et des passages à tabac sont aussi signalés régulièrement.

Amnesty International considère au moins 18 personnes comme des prisonniers d’opinion en Azerbaïdjan, incarcérées seulement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Pour en savoir plus, consulter : Critical human rights situation in Azerbaijan further worsening ahead of 2015 election (https://www.amnesty.org/fr/documents/eur55/2787/2015/fr/), Azerbaijan : the Repression Games : Azerbaijan : the Repression Games : The voices you won’t hear at the first European Games (https://www.amnesty.org/fr/documents/eur55/1732/2015/fr/), Guilty of Defending Rights : Azerbaijan’s human rights defenders and activists behind bars (https://www.amnesty.org/fr/documents/eur55/1077/2015/fr/) et Behind bars : Silencing dissent in Azerbaijan (http://www.amnesty.org/fr/library/info/EUR55/004/2014/fr).

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