Écrire La famille d’un militant arrêté rencontre des difficultés financières

Heri Budiawan, militant écologiste connu sous le nom de Budi Pego, a été condamné à 10 mois d’emprisonnement le 24 janvier 2018 pour « atteintes à la sûreté de l’État ». L’affaire fait actuellement l’objet d’un appel devant la haute cour de Java-Est. L’arrestation de Heri Budiawan a plongé sa famille dans une situation financière difficile, car sa femme et ses deux filles n’ont plus pour subsister que les produits de leur petite exploitation agricole et le soutien de leurs proches. Heri Budiawan est un prisonnier d’opinion et doit par conséquent être libéré immédiatement et sans condition.

Heri Budiawan, qui a dénoncé activement l’exploitation des gisements aurifères des montagnes de Tumpang Pitu et de Salakan (Java-Est, Indonésie), a été condamné à 10 mois d’emprisonnement pour avoir ouvertement promu l’idéologie communiste en exhibant le symbole du marteau et de la faucille alors qu’il manifestait. C’est la première fois que le sentiment anticommuniste est utilisé pour réprimer la dissidence pacifique. Trois autres personnes ont également été mises en cause dans cette affaire, mais aucune charge n’a été retenue contre elles.

Le parquet comme les avocats, dans l’affaire Heri Budiawan, ont fait appel devant la haute cour de Java-Est. Heri Budiawan reste privé de liberté dans l’attente d’une décision définitive et contraignante de cette juridiction, et sa femme et ses deux filles, âgées de 14 et 2 ans, rencontrent des difficultés pour subsister en l’absence de son revenu. Elles subviennent à leurs besoins uniquement grâce aux produits de leur petite exploitation agricole et au soutien irrégulier de leurs proches.

Les montagnes de Tumpang Pitu et de Salakan font partie des quelques montagnes indonésiennes dont les gisements aurifères sont exploités. Elles sont sous le contrôle de Merdeka Copper Gold à travers ses deux filiales, PT Bumi Sukses Indo (BSI) et PT Damai Sukses Indo (DSI). En 2012, ces deux entreprises ont reçu l’autorisation d’ouvrir et de gérer une zone de 4 998 hectares et 6 623 hectares respectivement. Les villageois estiment que ces entreprises, outre les dégâts écologiques qu’elles provoquent, mettent en danger cinq villages : Sumberagung, Pesanggaran, Sumbermulyo, Kandangan et Sarongan.

Les forêts de Tumpang Pitu et des montagnes environnantes avaient été classées en tant qu’aires protégées. Cependant, le 19 novembre 2013, Zulkifli Hasan, alors ministre des Forêts et actuellement président de l’Assemblée consultative du peuple (Majelis Permusyawaratan Rakyat), a promulgué un décret qui faisait passer 1 942 hectares du statut de forêt protégée à celui de « forêt industrielle », ouvrant la voie à de vastes opérations minières dans la région. Le combat des habitants et des communautés contre les entreprises d’exploitation aurifère a pris de l’ampleur, débouchant sur de vastes affrontements entre les villageois et le personnel de sécurité de BSI et de DSI le 27 novembre 2015. Finalement, quatre paysans ont été poursuivis au titre de la législation relative aux « atteintes à la sûreté de l’État » en 2017.

Les dispositions légales érigeant en infraction la diffusion de l’idéologie communiste remontent à une période de forte répression des droits humains, sous le régime de l’Ordre nouveau du président Suharto, entre 1965 et 1998. La campagne anticommuniste dirigée par Suharto s’est soldée par la mort de centaines de milliers de personnes et par un large éventail de violations des droits humains, notamment de la liberté d’expression, d’opinion et de réunion pacifique.

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