Écrire La peine d’un dirigeant de l’opposition de nouveau réduite

Le 3 avril, la Cour de cassation de Bahreïn a, pour la deuxième fois, réduit à quatre ans la peine d’emprisonnement de Sheikh Ali Salman, un dirigeant de l’opposition. Cet homme est un prisonnier d’opinion.
Le 3 avril, la Cour de cassation de Bahreïn a réduit de neuf à quatre ans la peine d’emprisonnement de Sheikh Ali Salman, dirigeant de l’opposition et secrétaire général de la Société islamique nationale Al Wefaq, le principal parti d’opposition à Bahreïn. Sheikh Ali Salman est un prisonnier d’opinion maintenu en détention à la prison de Jaww, au sud de la capitale, Manama.
Sheikh Ali Salman avait d’abord été condamné à quatre ans de prison le 16 juin 2015 par la Haute cour criminelle, à l’issue d’un procès inique. Il était notamment poursuivi pour « insultes publiques envers le ministère de l’Intérieur » et « appel public à enfreindre la loi ». Le tribunal l’avait acquitté du chef d’accusation d’« incitation à promouvoir la réforme du système politique par la force, la menace ou d’autres moyens illégaux », décision dont le parquet avait fait appel. Les accusations étaient liées à des discours qu’il avait prononcés en 2012 et 2014, notamment lors de l’assemblée générale de son parti, au cours de laquelle il avait réaffirmé que l’opposition était déterminée à mettre en œuvre par des moyens pacifiques les réformes réclamées par la population lors du soulèvement de 2011 et à amener les responsables présumés de violations des droits humains à rendre des comptes. Il avait également souligné le besoin d’égalité pour tous les Bahreïnites.
Le 17 octobre 2016, la Cour de cassation a ordonné que Sheikh Ali Salman soit à nouveau jugé, rejetant ainsi le jugement de la Cour d’appel rendu le 30 mai 2016 qui augmentait la durée de sa peine de prison à neuf ans. La Cour de cassation a jugé que les extraits des discours de Sheikh Ali Salman ne constituaient pas des éléments de preuve suffisants contre lui et auraient dû être présentés dans leur version intégrale. À l’issue de ce nouveau procès, la Cour d’appel a de nouveau confirmé la condamnation à neuf ans d’emprisonnement le 12 décembre 2016. Tout au long du procès, les avocats de Sheikh Ali Salman se sont plaints auprès du tribunal du fait que les extraits de ses discours présentés à titre de preuve aient été sortis de leur contexte, et ont demandé que le tribunal puisse les entendre dans leur intégralité, y compris les passages relatifs à la nature non violente des revendications de son parti.

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