Écrire Le dirigeant d’une communauté de paix menacé

Des groupes paramilitaires continuent de mener des incursions dans la communauté de paix de San José de Apartadó, en Colombie, et de menacer ses habitants. Les dirigeants de la communauté ont signalé ces agissements aux autorités nationales et internationales.

Le groupe paramilitaire Autodefensas Gaitanistas de Colombia (AGC) cherche à prendre le contrôle du village de San José de Apartadó et met en péril les 20 ans de travail de la communauté de paix en vue de rester neutre dans le conflit armé en Colombie. L’une des méthodes du groupe paramilitaire est de menacer de mort les dirigeants de la communauté.

Gildardo Tuberquia, membre du Conseil interne de la communauté de paix de San José de Apartadó, a indiqué qu’il avait reçu au moins huit menaces de mort en 2017. Il a notamment été menacé le 30 novembre, lorsqu’un groupe de paramilitaires patrouillait les rues Mulatos et Resbaloza à San José de Apartadó. D’après les dernières déclarations de la communauté, les paramilitaires ont dit à Gildardo Tuberquia qu’ils allaient l’enlever et le tuer et qu’ils feraient de même avec tout autre membre de la communauté qui continuerait de signaler ces agissements. Ils ont menacé de « tuer ces fils de pute de membres de la communauté qui se mettent en travers de leurs projets économiques pour la région ».

Au cours de l’année 2017, Gildardo Tuberquia a signalé ces agissements aux autorités nationales et internationales et a demandé une protection pour son village. Il s’est notamment exprimé devant le Congrès colombien en mai. Il ne peut pas se déplacer dans la région de San José de Apartadó sans accompagnement international en raison des risques liés aux menaces de mort qu’il a reçues. La communauté a indiqué dans sa dernière déclaration : « nous sommes profondément reconnaissants envers les personnes et les organisations qui ont cru nos appels à l’aide et nous vous demandons, depuis notre territoire que nous souhaitons tant voir en paix, de continuer d’envoyer des lettres et des messages pour faire pression sur ce gouvernement qui ne s’est jamais préoccupé de la vie des civils et ne s’inquiète que de ses propres intérêts. »

La communauté de paix de San José de Apartadó est composée de personnes vivant dans plusieurs hameaux de la municipalité d’Apartadó, dans le département d’Antioquia (nord-ouest de la Colombie), qui défendent leur droit de ne pas être entraînées dans le conflit armé en Colombie et refusent de prendre parti. Elles refusent de porter les armes et de fournir des renseignements ou un soutien logistique aux différentes parties au conflit. En retour, elles exigent que les parties au conflit ne viennent pas sur leurs terres et qu’elles respectent leur décision de ne pas participer aux hostilités et de ne collaborer avec aucune d’elles.

Depuis la création de cette communauté de paix, le 23 mars 1997, plus de 200 de ses membres ont été tués ou ont fait l’objet d’une disparition forcée, tandis que d’autres ont été victimes de menaces ou d’agressions sexuelles. Les personnes appartenant à cette communauté sont constamment en danger. La majorité de ces homicides est perpétrée par des paramilitaires qui continuent d’agir avec le soutien ou le consentement d’agents des forces armées dans cette zone. Une partie des meurtres est imputable aux guérilleros. Au cours des 10 dernières années, un grand nombre de civils n’appartenant pas à la communauté de paix mais ayant des liens avec ses membres ou vivant dans la région ont également été tués.

À la fin de l’année 2016, des membres de la communauté de paix ont signalé une augmentation des activités paramilitaires et la présence de dizaines de paramilitaires, dont certains étaient vêtus de treillis militaires et se présentaient comme appartenant au groupe paramilitaire Autodefensas Gaitanistas de Colombia, campant de façon intermittente dans différents secteurs la communauté. Entre le 15 et le 19 janvier, les paramilitaires ont fait de nouvelles incursions dans plusieurs hameaux situés dans la communauté de paix ou dans ses proches environs. Cette activité paramilitaire accrue signalée depuis la fin de l’année 2016 met en danger les membres de la communauté de paix et les habitants des environs.

Alors qu’ils sont censés avoir été démobilisés il y a dix ans, les paramilitaires continuent de mener des opérations dans plusieurs régions du pays. Dans son dernier rapport sur la situation des droits humains en Colombie rendu public en mars 2016, le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a indiqué que les groupes paramilitaires (désignés sous le terme de « groupes post-démobilisation » dans le rapport) « menacent en permanence les droits humains et la sécurité publique, l’administration de la justice et l’instauration de la paix, y compris la restitution des terres. Le démantèlement des groupes qui contrôlent les terres ayant été volées en utilisant la violence ou la menace de violences représente un défi permanent pour la paix ».

J'agis

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

 demandez aux autorités de mettre en place de toute urgence des mesures pour protéger le droit à la vie et à l’intégrité physique de Gildardo Tuberquia, des autres membres de la communauté de paix de San José de Apartadó et des autres civils de la région qui sont victimes des graves menaces signalées ;

 engagez-les à prendre des mesures pour démanteler les groupes paramilitaires et ouvrir des enquêtes sur leurs liens avec les forces de sécurité du gouvernement, conformément à leurs obligations internationales en matière de droits humains ;

 exigez que le principe de distinction des non-combattants dans le cadre du conflit armé soit respecté, notamment pour les membres de la communauté de paix de San José de Apartadó et d’autres civils dans la région.


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