Écrire Le racisme d’un ancien juré en question à l’approche d’une exécution

Keith Tharpe doit être exécuté dans l’État de Géorgie le 26 septembre à 19 heures. Il a été condamné à mort pour le meurtre de sa belle-sœur, commis en 1990. Les avocates qui le défendent en appel tentent d’obtenir une nouvelle audience pour faire valoir que le racisme d’un membre du jury a eu des incidences sur son procès en 1991.

Keith Tharpe a été arrêté le 25 septembre 1990 et inculpé du meurtre de sa belle-sœur, Jaquelin Freeman, abattue plus tôt le jour même. Il a été jugé en janvier 1991. Pendant la sélection des membres du jury, la défense s’est élevée contre l’élimination par le procureur de cinq des huit jurés potentiels afro-américains, en mettant en avant des éléments montrant que ce magistrat avait recours à des tactiques de sélection discriminatoires. Le juge a toutefois accepté les motifs « sans rapport avec l’origine ethnique des jurés » avancés par le procureur pour justifier ces éliminations et le procès s’est déroulé devant un jury comportant deux membres afro-américains. Keith Tharpe est noir et Jaquelin Freeman l’était également.

Le 16 mai 1998, les avocates défendant Keith Tharpe en appel se sont entretenues avec un ancien juré blanc au sujet de l’affaire. Dans une déclaration sous serment, l’une d’elles a affirmé que cet homme avait « déclaré qu’il y avait deux sortes de Noirs dans le monde – les “Noirs normaux” et les “nègres” », et que selon lui, « si la victime dans l’affaire de M. Tharpe avait été un de ces nègres, il se serait peu soucié de sa mort ». L’autre avocate a également signé une déclaration sous serment dans laquelle elle évoquait l’ancien juré s’interrogeant : « Les nègres ont-ils une âme ? Je ne sais pas. À vous de me le dire », et se rappelant avoir eu « le sentiment que, puisqu’une personne noire n’a pas d’âme, lui infliger la peine de mort n’était pas grave ». Elle a en outre raconté une seconde entrevue avec l’ancien juré, le 25 mai 1998, organisée dans le but de lui faire signer une déclaration sous serment validant ses précédentes déclarations. Elle a indiqué que l’homme avait alors parlé de l’un des deux membres afro-américains du jury, que les avocates essayaient de joindre, en le désignant par le terme « nègre ».

La déclaration sous serment signée par l’ancien juré a été présentée devant le juge le 26 mai 1998 et envoyée par fax aux représentants du ministère public le jour même. Le lendemain, cet homme a signé une autre déclaration, cette fois pour l’accusation. Il y affirmait qu’il était ivre au moment où il avait signé la précédente déclaration sous serment et que les avocates l’avaient mal renseigné sur l’objet de leur visite. Il a souligné que ses déclarations avaient été « sorties de leur contexte » mais n’a pas nié avoir employé à plusieurs reprises le mot « nègre » ; il a cependant soutenu que celui-ci n’avait été utilisé « par aucun juré pendant les délibérations du jury » et que « l’origine ethnique n’avait jamais été abordée » lors du procès. Dans leurs déclarations sous serment, les avocates ont maintenu qu’elles avaient clairement précisé leur identité et l’objet de leur visite et que l’ancien juré « ne semblait pas fatigué ni sous l’emprise de l’alcool à aucun moment de [leur] visite », mais plutôt « vif et animé », y compris lorsqu’il avait signé la déclaration sous serment.

Le juge de la juridiction d’État a estimé que ces déclarations sous serment n’étaient pas recevables au regard de la législation de la Géorgie et qu’une faute du juré n’avait donc pas été prouvée. Il a statué que cet argument avait de toute façon était rendu invalide par le fait qu’il n’avait pas été soulevé plus tôt. Les juridictions fédérales ont confirmé ce jugement. Les avocates de Keith Tharpe tentent d’obtenir une nouvelle audience, en faisant valoir que deux récentes décisions de la Cour suprême des États-Unis relatives à des soupçons de racisme ont invalidé des jugements déclarant un recours irrecevable et non conforme à la procédure. Le comité des grâces et des libérations conditionnelles de Géorgie doit examiner un recours en grâce sur cette affaire dans la matinée du 25 septembre.

Action terminée

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Continuons à agir

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse