Écrire Les homicides se poursuivent sous le président Duterte

Quelque 3 000 personnes ont été tuées par la police et des miliciens non identifiés aux Philippines depuis l’arrivée au pouvoir du président Duterte, le 30 juin. Il pourrait s’agir dans de nombreux cas d’exécutions extrajudiciaires. Le président a promis que ces exécutions allaient se poursuivre.
Les derniers chiffres, qui datent du 20 septembre, montrent qu’au moins 3 000 personnes ont été tuées dans le cadre d’une vague de violences cautionnée par les pouvoirs publics, depuis l’arrivée au pouvoir du président Duterte, le 30 juin. Dans le discours qu’il a prononcé le 6 septembre, le président philippin a promis que la répression qu’il mène contre ceux qui sont accusés d’utiliser ou de vendre des stupéfiants allait se poursuivre, ajoutant que « beaucoup [d’autres] vont être tués ». Le 16 septembre, le président Duterte a annoncé qu’il prolongeait de six mois sa campagne de répression.
La vague d’homicides qui s’est abattue sur les Philippines aggrave un état de non-droit et résulte de « sanctions » infligées en l’absence de toute procédure juridique équitable et sans qu’aucune autorité judiciaire n’entre en jeu. Les victimes de ces homicides illégaux ne sont pas seulement des utilisateurs et des trafiquants de stupéfiants, mais aussi de nombreux passants, y compris des enfants dont certains n’avaient pas plus de cinq ans.
Aux termes du droit international, les Philippines ont l’obligation juridique de respecter et protéger le droit à la vie en toutes circonstances. Le droit international et les normes internationales encadrent étroitement le recours à la force par la police, le restreignant aux situations où il est absolument nécessaire et où la force est utilisée de façon proportionnée. La police est tenue d’utiliser des moyens non violents avant de recourir à la violence, et de respecter pleinement les droits humains, notamment le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de tous, y compris pour les personnes soupçonnées d’infractions. L’incitation à la violence et à la discrimination, qui est interdite par le droit international, risque d’entraîner une escalade de la violence dans le pays. Les homicides délibérés et illégaux commis sur ordre d’agents de l’état ou avec la complicité ou l’assentiment de l’État constituent des exécutions extrajudiciaires et sont des crimes de droit international. Les Philippines ont l’obligation d’enquêter et d’engager des poursuites en justice en cas d’allégations dignes de foi faisant état d’exécutions extrajudiciaires ou de tout autre homicide illégal, et de juger dans le cadre de procès équitables les personnes soupçonnées d’en être pénalement responsables .

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