Écrire Menaces de mort en ligne contre une journaliste en exil

Keiso Mohloboli, une journaliste d’investigation en exil, a été la cible de menaces de mort et de manœuvres d’intimidation sur Internet à la suite d’une publication sur Facebook.

Keiso Mohloboli, une journaliste d’investigation lésothane en exil, a reçu des menaces de mort sur Facebook le 10 juin. Elle a publié un message sur ce réseau social et un autre utilisateur, inscrit sous le nom de Lawrence Kori, a écrit un commentaire de menace dans lequel il disait explicitement que sa mort était toute proche. Le compte en question serait en réalité géré par le Service national de la sécurité (NSS) et servirait à suivre l’activité de personæ non gratæ. Des sources appartenant aux services du renseignement militaire ont confirmé cette information et le fait que les menaces devaient être prises au sérieux.

Keiso Mohloboli hésite fortement à signaler aux autorités les menaces de mort et les manœuvres d’intimidation dont elle a été victime, étant donné qu’elle vit en exil en Afrique du Sud depuis juillet 2016. Elle a fui le Lesotho après avoir été arrêtée et interrogée à la suite d’un article publié dans le Lesotho Times et après que son rédacteur en chef a été grièvement blessé par balle.

Keiso Mohloboli a travaillé comme journaliste d’investigation pour le Lesotho Times, le seul journal indépendant de ce type dans le pays. Le droit à la liberté d’expression est en danger au Lesotho. En particulier, les journalistes de télévision, de radio, de presse écrite et de médias en ligne sont victimes d’agressions physiques, d’arrestations arbitraires et de harcèlement. Le pays est en proie à une crise politique et sécuritaire persistante.

Le 23 juin 2016, après avoir publié dans le Lesotho Times un article où elle affirmait que Tlali Kamoli, chef des Forces de défense du Lesotho (LDF), allait recevoir une indemnité de départ de 50 millions de rands sud-africains, Keiso Mohloboli a été interrogée au siège de la police, à Maseru, et on lui a demandé de révéler ses sources. Le lendemain, elle a été arrêtée et interrogée aux côtés du rédacteur en chef du journal, Lloyd Mutungamiri. Le 5 juillet 2016, Lloyd Mutungamiri et Basildon Peta, l’éditeur du Lesotho Times, ont été soumis à un interrogatoire. Basildon Peta a été inculpé de diffamation en raison d’une chronique qui tournait en dérision Tlali Kamoli.

Le 9 juillet 2016, des hommes armés non identifiés ont attaqué et grièvement blessé Lloyd Mutungamiri devant chez lui. Ce dernier a été inculpé de diffamation en septembre 2014 pour avoir divulgué des informations sur la corruption de la police. Craignant pour sa vie, Keiso Mohloboli a fui le Lesotho.

J'agis

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue :

 exhortez les autorités lésothanes à prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux menaces de mort et aux manœuvres d’intimidation dont Keiso Mohloboli a été victime et assurer sa sécurité ;

 appelez-les à diligenter une enquête approfondie, impartiale, indépendante et efficace sur ses allégations et à traduire en justice les auteurs présumés de ces agissements dans le cadre de procédures conformes aux normes internationales d’équité des procès ;

 demandez-leur de veiller à ce que les journalistes et les autres collaborateurs des médias puissent mener leurs activités sans craindre de menaces, de manœuvres d’intimidation ni d’actes de harcèlement, et de protéger l’intégrité de ces personnes contre les agressions et les menaces.


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