Écrire Quatre hommes libyens acquittés et remis en liberté

Quatre hommes libyens, dont trois possèdent une double nationalité, ont été acquittés le 30 mai par la Cour suprême fédérale des Émirats arabes unis. Ils étaient accusés d’avoir fourni un soutien à des groupes « terroristes ». Ils ont été libérés le lendemain. Le sort de trois autres Libyens reste inconnu.

Le 30 mai, la Chambre de sûreté de l’État de la Cour suprême fédérale d’Abou Dhabi a acquitté les ressortissants américano-libyens Kamal Eldarat et son fils Mohammed Eldarat, le ressortissant canado-libyen Salim el Aradi et le ressortissant libyen ‘Issa al Manna’ de toutes les charges qui pesaient sur eux. Ils ont été libérés de la prison d’Al Wathba, à Abou Dhabi, dans la nuit du 31 mai.

Kamal Eldarat, Mohammed Eldarat et Salim el Aradi figuraient parmi un groupe de 10 Libyens arrêtés en août et septembre 2014. Sans savoir pourquoi ils avaient été arrêtés, ils avaient été conduits dans un lieu inconnu et détenus pendant des mois sans aucun contact avec le monde extérieur. Sur ces 10 hommes, quatre ont été libérés à la fin de l’année 2014. On ignore ce qu’il est advenu de Mohammed al Fighi, Al Sadiq al Kikli et Mahmoud bin Gharbiya, qui avaient été arrêtés avec eux. ‘Issa al Manna’ a été arrêté mi-mars 2015 et soumis à une disparition forcée.

Le 26 août 2014, Kamel Eldarat a été convoqué pour interrogatoire au poste de police de Bur Dubai, à Doubaï. Plus tard le même jour, une vingtaine d’agents à bord de six voitures de police l’ont ramené à son domicile, qu’ils ont fouillé, et l’ont arrêté. Son fils Mohammed Eldarat a été appréhendé le lendemain.

Salim el Aradi a été appréhendé dans un hôtel le 29 août 2014, sans que les agents de police ne l’informent des motifs de son arrestation. La veille, son frère, Mohamed el Aradi, avait été convoqué au poste de police, où il avait été interrogé par la police pendant plusieurs heures avant d’être ramené chez lui. Les policiers ont fouillé son domicile jusqu’à environ minuit avant de procéder à son arrestation. Les deux frères vivaient aux Émirats arabes unis depuis environ 20 ans. Mohammed el Aradi et trois autres Libyens ont été libérés sans inculpation le 27 décembre 2014 et expulsés vers la Turquie, après avoir été détenus dans des lieux inconnus sans pouvoir contacter leurs familles ou un avocat. Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles ces hommes avaient été torturés et avaient subi des mauvais traitements (voir aussi : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/08/uae-foreign-national-tortured-in-custody-and-detained-without-charge-for-a-year/).

Le procès de Kamal Eldarat, Mohammed Eldarat, Salim el Aradi et ‘Issa al Manna’ s’est ouvert le 18 janvier 2016. C’est à ce moment-là qu’ils ont été informés pour la première fois qu’ils avaient été inculpés au titre de la Loi émirienne antiterroriste de 2004 d’avoir fourni un soutien financier et matériel à deux groupes armés en Libye. Ils ont nié les faits qui leurs étaient reprochés. Le 21 mars, le procureur a remplacé ces accusations par de nouvelles, au titre cette fois du Code pénal. Un rapport médicolégal a rejeté les allégations selon lesquelles les accusés avaient été victimes d’actes de torture ou en portaient des marques.

Le 24 décembre 2015, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a qualifié d’arbitraire la détention de Kamal Eldarat, Mohammed Eldarat et Salim al Aradi, ainsi que de deux autres hommes libyens qui avaient été jugés et acquittés séparément en mars 2016.

Ceci est la quatrième mise à jour de l’AU 236/14. Pour plus d’informations : https://www.amnesty.org/fr/documents/mde25/3696/2016/fr/

Noms : Kamal Eldarat, Mohammed Eldarat, Salim el Aradi, Mohammed al Fighi, Al Sadiq al Kikli, Mahmoud bin Gharbiya, ‘Issa al-Manna’
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Aucune action complémentaire n’est requise de la part du réseau Actions urgentes. Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.
Amnesty International continuera de surveiller la situation des trois hommes restant.


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