Écrire Répression de la liberté d’expression

Les autorités portoricaines ont réagi avec violence à des actions de protestation le 1er mai, en s’en prenant aux manifestant-e-s, et en bafouant leurs droits à la liberté d’expression et de réunion. D’autres défilés sont prévus, ce qui expose les manifestant-e-s pacifiques au risque de nouvelles violations des droits fondamentaux.

Depuis au moins 2016, des manifestations ont régulièrement lieu à Porto Rico, mobilisant des milliers de personnes issues d’horizons très variés exprimant leur désaccord avec des mesures d’austérité qui menacent les droits économiques, sociaux et culturels des Portoricain-e-s. Le 1er mai 2018, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, des manifestant-e-s se sont rassemblés à divers endroits à San Juan, la capitale. Selon des manifestant-e-s qui ont parlé à Amnesty International, des éléments de la police nationale les ont empêchés de se rendre au croisement des avenues Ponce de León et Roosevelt.

Après environ une heure à bloquer les cortèges, la police a utilisé du gaz lacrymogène sans prévenir et a commencé à repousser la foule et à tirer des balles en caoutchouc. Selon les médias et les manifestant-e-s ayant parlé à Amnesty International, si un faible nombre de personnes ont jeté des pierres sur des policiers, l’immense majorité du cortège était non violente.

Des militant-e-s d’Amnesty International Porto Rico ont pris part aux manifestations dans le cadre de l’action Manifester n’est pas un crime, qui promeut la protection de la liberté d’expression et de réunion pacifique dans le contexte des manifestations en cours contre les réformes budgétaires. Liza Gallardo, directrice d’Amnesty International Porto Rico, était parmi les manifestant-e-s pacifiques. « Nous étions là pour défendre la liberté d’expression lors de cette action de protestation », a-t-elle déclaré.

Après les manifestations, six jeunes gens souffrant des effets d’une exposition au gaz lacrymogène sont arrivés au bureau d’Amnesty International. Le bureau a aussi reçu les appels de familles inquiètes demandant si l’organisation disposait d’informations sur les personnes arrêtées. Au moins 11 brefs placements en détention lui ont été signalés. « J’avais du mal à respirer [...] J’essayais de m’enfuir mais je n’y voyais rien », a déclaré une personne qui avait manifesté aux côtés d’Amnesty International, « [...] ils [la police] n’arrêtaient pas d’envoyer du gaz lacrymogène. »

Un autre manifestant qui essayait de s’éloigner des policiers a raconté à Amnesty International qu’il avait trouvé un adolescent sans connaissance gisant par terre ; il était secoué de convulsions. Il a expliqué qu’il n’y avait aucune ambulance disponible, et il a porté l’adolescent en lieu sûr.

En 2013, le gouvernement des États-Unis et les autorités portoricaines ont signé un accord en faveur d’une réforme durable de la police portoricaine, qui devait être introduite sur une période de 10 ans. La mise en œuvre de ces changements, envisagés après des allégations répétées de violations des droits humains imputées à la police, est supervisée par un tribunal fédéral indépendant ayant dépêché des observateurs au défilé du 1er mai. Le 4 mai, un tribunal de district des États-Unis a ordonné une « évaluation indépendante, suivie d’un rapport, des manifestations du 1er mai. »

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