Écrire Trois militants sont harcelés et risquent d’être arretés

Trois défenseurs des droits humains qui tentent de mettre en lumière une catastrophe écologique au Viêt-Nam sont victimes d’un harcèlement intense, y compris de dénonciations publiques, de poursuites et de menaces de mort. Ils risquent d’être arrêtés pour « propagande » contre l’État.
On estime que 70 tonnes de poissons, de crevettes, de calamars et d’autres animaux sont morts sur 200 kilomètres le long de la côte centre-est du Viêt-Nam en avril 2016, ce qui a donné lieu à des manifestations et d’autres activités dont l’objectif était d’obtenir des informations sur les causes de la catastrophe. Après deux mois de spéculation, les autorités ont déclaré en conférence de presse que l’entreprise taïwanaise Formosa Plastics Group avait reconnu sa responsabilité dans cette grave catastrophe environnementale et promis de verser 11 500 000 milliards de dongs vietnamiens (environ 500 millions de dollars des États-Unis) à l’État afin qu’il puisse améliorer la situation des provinces concernées.
Đặng Hữu Nam, Nguyễn Văn Tráng et Paulus Lê Văn Sơn organisent des activités visant à réclamer la transparence et à demander des comptes dans cette affaire, notamment au sujet de l’indemnisation des victimes. Đặng Hữu Nam, un prêtre catholique de la paroisse de Phú Yên (diocèse de Vinh, province de Nghệ An), participe à l’organisation de manifestations de grande ampleur. En outre, il a aidé 506 personnes à porter plainte auprès des autorités afin d’obtenir une indemnisation de Formosa Plastic Group. Nguyễn Văn Tráng, étudiant de la province de Thanh Hóa et membre de Brotherhood for Democracy, un forum de discussion en ligne en faveur de la démocratie, a pris part à une manifestation contre l’entreprise taïwanaise le 1er mai. Il a été arrêté le 7 mai puis le 19. Paulus Lê Văn Sơn, ancien prisonnier d’opinion, militant catholique des droits sociaux et journaliste, a aussi participé à des manifestations appelant à accorder justice aux personnes victimes de la catastrophe et à les indemniser.
Amnesty International s’inquiète du fait que les trois hommes cités risquent d’être arrêtés à tout moment en vertu de l’article 88 du Code pénal de 1999 pour « propagande » contre l’État, charge passible de trois à 20 ans d’emprisonnement. Ils sont victimes d’un harcèlement qui s’est intensifié du fait de leurs activités en lien avec la catastrophe écologique : Đặng Hữu Nam a été placé sous surveillance, menacé de mort, arrêté à plusieurs reprises et passé à tabac par des policiers et des individus en civil ; Nguyễn Văn Tráng a été la cible de dénonciations publiques dans les médias locaux, à la radio et par haut-parleur dans la rue ; Paulus Lê Văn Sơn a été placé sous surveillance et dénoncé dans les médias locaux, il craint actuellement pour sa sécurité.

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