Écrire Un blogueur omanais détenu menace de se suicider

Le blogueur omanais Muawiya al Ruwahi, qui souffre de troubles bipolaires, a menacé de se suicider en prison s’il n’était pas « traité de manière juste ». Accusé notamment d’avoir « tourné en dérision l’État et ses dirigeants », il est en instance de jugement aux Émirats arabes unis.

Dans un message vocal diffusé le 9 novembre sur des réseaux sociaux, le blogueur omanais Muawiya al Ruwahi (ou al Rawahi) a déclaré : « Je n’ai pas bénéficié de soins médicaux adaptés […]. Si je ne suis pas traité de manière juste, je vais entamer une grève de la faim et me suicider […]. J’en ai assez, je n’en peux plus. » Muawiya al Ruwahi souffre de troubles bipolaires et a déjà tenté de se faire du mal en détention.

Son procès s’est ouvert le 14 septembre devant la Chambre de sûreté de l’État de la Cour suprême fédérale. Il est accusé d’avoir « créé et utilisé des comptes en ligne dans le but d’inciter à la haine et de troubler l’ordre public et la paix sociale » et « tourné en dérision l’État et ses dirigeants ». Quatre audiences se sont tenues pour l’instant et, aux deux qui se sont déroulées en octobre, le juge a demandé que Muawiya al Ruwahi soit examiné par des experts psychiatres. Selon l’intéressé, ces évaluations n’ont pas eu lieu. Le 9 novembre, le juge a ordonné que trois spécialistes déterminent le degré de responsabilité du prévenu. En outre, le ministère public a prétendu que Muawiya al Ruwahi avait reçu des soins dentaires après s’être plaint de vives douleurs alors que celui-ci affirme n’avoir bénéficié que d’un bilan ophtalmologique. La prochaine audience est programmée pour le 7 décembre.

Muawiya al Ruwahi a été arrêté le 23 février 2015 alors qu’il entrait aux Émirats arabes unis depuis Oman. Il a été incarcéré dans un centre de détention secret, où il a été privé d’avocat, puis transféré à la prison d’Al Wathba, à Abou Dhabi, à la fin du mois de mai. Il aurait publié des messages offensants à l’égard des autorités des Émirats arabes unis sur son compte Twitter mais il conteste les accusations dont il fait l’objet. Il a déclaré avoir été forcé, « sous la contrainte psychique et physique », à faire des « aveux ».

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