Écrire Un défenseur libéré soumis à des restrictions sévères

Le 11 janvier, le défenseur des droits humains Ouktam Pardaïev a été condamné à une peine de trois ans de prison avec sursis qui restreint grandement ses mouvements et ses activités. Il a passé huit semaines en détention provisoire dans des conditions dégradantes et se trouve désormais sous surveillance constante.

Le défenseur des droits humains Ouktam Pardaïev a été déclaré coupable d’escroquerie, de corruption et de diffamation le 11 janvier par le tribunal de district de Doustlik à Djizak, dans le nord-est de l’Ouzbékistan, et a été condamné à une peine de trois ans avec sursis. Président de l’Association indépendante des droits humains d’Ouzbékistan pour la province de Djizak, il est l’un des rares défenseurs qui continuent de travailler en Ouzbékistan. Amnesty International estime que sa condamnation est motivée par des considérations politiques et s’inscrit dans le cadre d’une campagne des autorités ciblant les défenseurs des droits humains.

D’après des informations reçues en février, les conditions de sa libération ne permettent pas à Ouktam Pardaïev de poursuivre ses activités sans conséquences. Il doit se présenter au poste de police local tous les mois et la police lui a fait signer un document qui lui impose un couvre-feu à 22 heures et lui retire son droit de quitter Djizak sans autorisation. Il va faire appel de sa condamnation.

Ouktam Pardaïev a été arrêté le 16 novembre 2015 et a passé huit semaines en détention provisoire. Mi-février, il a parlé à des défenseurs des droits humains et a décrit les conditions de sa détention. Au centre de Doustlik, il a été enfermé dans une cellule froide et humide, avec un matelas sale pour dormir, et a subi des pressions quotidiennes pour reconnaître sa culpabilité. On lui donnait pour seule nourriture la moitié d’une portion de soupe et la moitié d’un petit pain une fois par jour, et il a été témoin des actes de torture et des mauvais traitements infligés à d’autres détenus pour leur extorquer des « aveux ». Après son transfert au centre de détention de Khavast le 26 décembre, des policiers lui ont donné des coups de matraque à la tête, au ventre et à la poitrine, parce qu’il ne se déshabillait pas assez rapidement.

Cependant, lorsque des membres de l’administration pénitentiaire ont découvert qu’Ouktam Pardaïev était un défenseur des droits humains bénéficiant d’un soutien international, ses conditions de détention se sont nettement améliorées et il n’a plus subi de mauvais traitements.

Depuis sa libération en janvier, Ouktam Pardaïev est constamment surveillé par les services de sécurité. Sa famille et ses amis ont également été surveillés, interrogés et mis sous pression pour témoigner contre lui et contre ses frères.

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