Écrire Un gouverneur met son veto à l’abolition de la peine de mort

Le 21 juin, le gouverneur du New Hampshire a opposé son veto à une proposition de loi abolissant la peine de mort, qui aurait fait de cet État le 20e des États-Unis à abolir ce châtiment. Deux tiers des voix de l’ensemble du corps législatif (Chambre des représentants et Sénat) sont nécessaires pour annuler ce veto.

Le 21 juin, « entouré d’agents des forces de l’ordre et de membres de familles de victimes de crimes », le gouverneur Chris Sununu a mis son veto à la proposition de loi n° 593 du Sénat qui aurait aboli la peine de mort dans le New Hampshire. Deux mois plus tôt, le 26 avril, la Chambre des représentants du New Hampshire avait adopté par 223 voix à 116 la proposition de loi n° 593 du Sénat, que ce dernier a également adoptée, par 14 voix à 10, le 15 mars.

Le gouverneur Sununu a expliqué les motivations de son veto :
« L’abolition de la peine de mort dans le New Hampshire enverrait un mauvais message, en laissant penser que dans cet État, quelqu’un qui commet un crime impensable a droit à la clémence. Le New Hampshire n’est pas et ne sera jamais un lieu sûr pour ceux qui tueraient un policier, causeraient la mort d’une personne lors d’une agression sexuelle aggravée ou d’une intrusion à un domicile, ou se rendraient coupables de tout autre crime passible de la peine capitale. Si quelqu’un choisit de commettre un acte aussi innommable dans notre État, il doit savoir qu’un jury de citoyens peut choisir de lui infliger le châtiment ultime. Face aux arguments formulés par les personnes qui soutiennent cette proposition de loi prime notre obligation de soutenir notre communauté de forces de l’ordre, de rendre justice aux victimes de crimes et de protéger les citoyens du New Hampshire en conservant la peine de mort comme outil juridique le plus dissuasif contre la commission de crimes odieux. »

Une majorité des deux tiers des membres des deux chambres présents et votants serait nécessaire pour annuler le veto. Lors du vote de la proposition de loi, il manquait deux voix au Sénat pour atteindre les 16 qui seraient requises. La Chambre des représentants aurait besoin de 254 voix pour annuler le veto si ses 385 membres actuels participaient. Le corps législatif a jusqu’à l’élection générale de novembre 2018 pour procéder à un vote en vue de cette annulation.

Actuellement, le New Hampshire compte un prisonnier dans le couloir de la mort, Michael Addison, qui a été condamné à la peine capitale en 2008 pour le meurtre d’un policier, Michael Briggs, en 2006. À la suite du veto opposé à la proposition de loi (qui n’aurait pas été applicable dans le cas de Michael Addison car elle n’était pas rétroactive), Renny Cushing, député du New Hampshire dont le père a été assassiné en 1988, a déclaré :
« De nombreux proches de victimes de meurtre dans notre État ont gagné très douloureusement et cruellement le droit de dire au gouverneur Sununu que nous ne voulons pas que l’on tue en notre nom. La réalité est que la peine de mort ne fait pas ce que nous voudrions qu’elle fasse : nous ramener les êtres chers que nous avons perdus. » Le député Cushing et six autres proches de victimes de meurtre ont remis au bureau du gouverneur une pétition ayant recueilli 55 000 signatures en faveur de l’abolition.

Les efforts pour obtenir une annulation du veto se poursuivront en dehors du Réseau Actions urgentes.

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