Écrire Un homme risque seul une exécution pour un meurtre commis par trois personnes

Jason McGehee doit être exécuté dans l’Arkansas le 27 avril pour un meurtre commis en 1999. Âgé d’à peine 20 ans au moment du crime, il en a aujourd’hui 40. Alors qu’il figurait parmi les trois principaux auteurs de cet homicide, il est le seul qui risque une exécution.

Au cours de l’été 1996, John Melbourne, 15 ans, faisait partie d’un groupe d’amis habitant une maison à Harrison, dans l’Arkansas, et utilisant des chèques falsifiés ou volés. D’après les notes d’audience du procès, le 19 août 1996, croyant que John Melbourne les avait dénoncés à la police, cinq membres du groupe – Candace Campbell (17 ans), Robert Diemart (27 ans), Christopher Epps (19 ans), Ben McFarland (17 ans) et Jason McGehee (20 ans) – l’ont conduit en voiture jusqu’à Omaha, à une trentaine de kilomètres de Harrison. Une fois sur place, John Melbourne a été longuement passé à tabac, puis Christopher Epps, Ben McFarland et Jason McGehee l’ont emmené dans une zone boisée où ils l’ont étranglé à tour de rôle. Dans une déclaration à la police, Ben McFarland a indiqué que c’était lui qui étranglait John Melbourne quand il a succombé.

Candace Campbell a été condamnée à 20 ans de prison et Robert Diemart à 10 ans. Le procureur a requis la peine de mort contre les trois autres accusés, et lors de leurs procès, il a qualifié le crime de « meurtre en réunion » et d’« acte commis à plusieurs ». Christopher Epps et Ben McFarland ont été condamnés à la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Jason McGehee a été jugé le dernier, en janvier 1998. Son procès a duré quatre jours, dont seulement quelques heures pour l’audience consacrée à la détermination de la peine.

Le jury a voté en faveur d’une condamnation à mort. En 2008, une cour fédérale de district a statué que le juge de première instance avait eu tort d’empêcher la défense de présenter certains « éléments révélant des violences physiques et psychologiques, des négligences parentales et des événements traumatisants à répétition » qui ont eu lieu pendant « la jeunesse [de l’accusé], d’abord enfant puis adolescent, et ont contribué à former, voire formé entièrement, la personne qu’il est devenu ».

Le juge de district a estimé que ces éléments auraient pu conduire le jury à voter contre une condamnation à mort et il a ordonné une nouvelle audience de détermination de la peine. Cependant, en 2009, une cour d’appel a annulé cette décision au motif que les règles de procédure empêchaient les juridictions fédérales d’examiner les éléments en question. Le même juge a présidé les procès des trois accusés encourant la peine de mort. Aujourd’hui retraité, il a appelé à la commutation de la condamnation à mort de Jason McGehee. Dans une lettre datée du 15 mars 2017, il a écrit que la mort de John Melbourne était « le résultat tragique d’une dynamique de groupe qui a mal tourné » et que cette dynamique avait « abouti à quelque chose que Jason n’aurait jamais fait individuellement ».

Étant donné que Ben McFarland a bénéficié en janvier 2017 d’une réduction de sa peine de la perpétuité réelle à 40 années, ce qui lui permettra de demander une libération conditionnelle à partir de 2025, et au vu de « l’extraordinaire adaptation à la prison » de Jason McGehee, ce magistrat considère aujourd’hui sa condamnation à mort comme « excessive ». La commutation est également demandée par un ancien directeur de l’administration pénitentiaire de l’Arkansas, qui a souligné la conduite « exemplaire » de Jason McGehee dans le couloir de la mort et son dossier disciplinaire « remarquable ». Cet homme a indiqué que, durant les 40 années où il a travaillé dans les prisons, il n’a « vu aucun dossier de détenu comparable à celui de Jason ». Selon lui, il « pourrait très bien se comporter au sein de la population générale ».

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