Écrire Un journaliste victime de torture doit être libéré immédiatement

Le 8 février 2018, des défenseurs des droits humains ont signalé que deux agents du Service de la sécurité nationale (SSN) chargés d’enquêter sur le journaliste Bobomourod Abdoullaïev avaient été suspendus et que le bureau du procureur général avait ouvert une enquête pour torture et fabrication de toutes pièces d’une affaire pénale. Bobomourod Abdoullaïev, cependant, est toujours détenu par le SSN.

Le 10 janvier 2018, la mère de Bobomourod Abdoullaïev, son épouse et ses enfants ont pu lui rendre une brève visite de 25 minutes au centre de détention provisoire (SIZO) du Service de la sécurité nationale (SSN) où il est incarcéré depuis la fin du mois de septembre 2017. Cette visite, la première de sa famille, a eu lieu en présence d’un agent du SSN.

À l’époque, les proches de Bobomourod Abdoullaïev, craignant qu’il ne soit victime de représailles, avaient affirmé qu’il ne présentait aucun signe visible de torture et qu’il ne s’était pas plaint de ses conditions de détention. Cependant, le 2 février, la mère du journaliste a adressé au président une lettre confirmant que des agents du SSN avaient torturé son fils dès son arrestation dans une rue de Tachkent, le 27 septembre 2017. Elle a expliqué que son fils lui avait confié qu’à chaque fois que des défenseurs des droits humains et des médias avaient publié des informations indiquant qu’on l’avait torturé, pour obtenir des « aveux » ou pour l’amener à renvoyer son avocat, des agents du SSN l’avaient maltraité. Ils l’ont battu, déshabillé et contraint à rester debout dans une cellule glaciale pendant des heures.

Ils ont également menacé de le tuer, ou de le garder à jamais enfermé dans le SIZO du SSN et de s’en prendre à sa famille. Sous la pression du SSN et craignant pour sa vie, Bobomourod Abdoullaïev a dit à son avocat qu’il reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés et qu’il n’avait pas à se plaindre de son traitement en détention. Au cours d’une visite de son conseil, en décembre 2017, Bobomourod Abdoullaïev a refusé de le laisser voir son dos - qui présentait, comme cela a été révélé plus tard, d’importantes contusions et cicatrices - et s’est conformé aux exigences du SSN en l’informant qu’il ne voulait plus recourir à ses services.

Le 8 février, le président de l’ONG Groupe d’initiative des défenseurs des droits humains indépendants, à Tachkent, a annoncé que deux agents du SSN impliqués dans l’affaire de Bobomourod Abdoullaïev avaient été suspendus de leurs fonctions avec effet immédiat en raison d’allégations de torture à leur encontre, que les poursuites contre Bobomourod Abdoullaïev avaient été abandonnées et que le bureau du procureur général ouvrait une enquête sur les agents du SSN pour torture et fabrication de toutes pièces d’une affaire pénale. Bobomourod Abdoullaïev, cependant, est toujours en détention.

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