Écrire Un militant arrêté dès son retour

Fumba Chama, surnommé affectueusement Pilato, a été arrêté le 16 mai à son arrivée à l’aéroport Kenneth Kaunda, à Lusaka. Il avait été contraint de fuir le pays le 5 janvier, après avoir été menacé de mort par des membres du parti au pouvoir, le Front patriotique.

Fumba Chama, surnommé affectueusement Pilato, a été arrêté le 16 mai vers 15 h 45, à son arrivée à l’aéroport international Kenneth Kaunda. Il s’était réfugié en Afrique du Sud pour des raisons de sécurité mais avait décidé de retourner en Zambie afin d’assister à son procès. Militant et musicien, il a été arrêté des trois policiers en civil après avoir accompli les formalités d’entrée. Il n’a pas encore été inculpé.

Pilato a été contraint de fuir à cause d’une chanson sortie en décembre 2017 et intitulée Koswe Mumpoto (« rat dans la marmite »), que les membres du parti au pouvoir, le Front patriotique, considéraient comme un outrage au président Lungu et à ses ministres. Le 11 décembre 2017, le Front patriotique a ordonné aux stations de radio et aux chaînes de télévision de ne plus diffuser la chanson et à Pilato de ne plus l’interpréter. En outre, la police a interdit à ce dernier de se produire en direct. Pilato a commencé à recevoir sur son portable des menaces de mort émanant de sympathisants du Front patriotique, sous la forme d’appels anonymes, d’enregistrements vocaux sur Whatsapp et de vidéos. Craignant pour sa sécurité, il a dû quitter Lusaka.

En 2017, Pilato a été arrêté et inculpé aux côtés de cinq autres militants parce qu’ils avaient protesté contre la corruption sous-tendant l’achat de 42 camions de pompiers au prix exorbitant de 42 millions de dollars des États-Unis. Ces six personnes ont été inculpées de « désobéissance à des ordres légitimes » en vertu de la section 127 du Code pénal, un chef passible de deux ans d’emprisonnement. Ils ont été libérés sous caution dans l’attente de leur procès, qui s’est ouvert en janvier 2018. À ce moment-là, Pilato se trouvait déjà à l’étranger. Ce dernier ne s’étant pas présenté au tribunal, le magistrat lui a décerné un mandat d’amener. Le procureur a indiqué qu’Interpol serait sollicitée afin de ramener Pilato dans le pays pour qu’il comparaisse. Pilato est retourné en Zambie pour assister à son procès. Amnesty International pense qu’il s’agit d’un prisonnier d’opinion, détenu pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d’expression.

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