Écrire Un militant arrêté pour avoir dévoilé des secrets d’Etat

Huang Qi, fondateur du site Internet sichuanais 64 Tianwang (www.64tianwang.com), dont on était sans nouvelles depuis qu’il avait été emmené le 28 novembre, a été arrêté pour avoir dévoilé des secrets d’État. Il n’a toujours pas pu consulter d’avocat.

Le Bureau de la sécurité publique de Mianyang a informé par écrit la famille de Huang Qi le 16 décembre, soit plus de deux semaines après que celui-ci a été porté disparu, qu’il se trouvait au centre de détention de la ville et avait été arrêté pour avoir dévoilé des secrets d’État. Il n’a fourni aucune explication supplémentaire.

Pu Wenqing (83 ans), la mère de Huang Qi, est rentrée chez elle le 16 décembre alors qu’on était sans nouvelles d’elle depuis qu’elle avait été emmenée dans un hôpital du Sichuan, le 30 novembre. Les circonstances de sa visite à l’hôpital restent floues. Toutefois, selon les informations recueillies par Amnesty International, elle demeure sous étroite surveillance.

Huang Qi (53 ans) a été arrêté à son domicile de Chengdu (province du Sichuan) le 28 novembre par 15 agents de la sécurité publique de trois villes de la province : Mianyang, Neijiang et Chengdu.

Il a été placé en détention dans un contexte où les défenseurs des droits humains font l’objet d’une répression en Chine ; il est privé d’avocat et on craint toujours qu’il ne soit victime d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements. En outre, ces inquiétudes sont avivées par le fait que Huang Qi souffre d’une néphrite aigüe (un trouble du rein) et a besoin de soins quotidiens.

Créé en 1998 par un militant du Sichuan, Huang Qi, et sa femme, Zeng Li, 64 Tianwang est l’un des rares sites Internet de Chine continentale qui recueille des informations sur les manifestations de « pétitionnaires » dans ce pays. La majorité des personnes qui contribuent au site étaient « pétitionnaires » avant de devenir journalistes citoyens et de couvrir les manifestations et les arrestations d’autres « pétitionnaires ». Reporters sans frontières a annoncé le 7 novembre que 64 Tianwang avait remporté le Prix de la liberté de la presse 2016, tout comme les blogueurs chinois détenus Lu Yuyu et Li Tingting, et le reporter syrien Hadi Abdullah.

C’est la troisième fois cette année que Huang Qi est placé en détention. Il a tout d’abord été emmené dans le cadre d’un « voyage forcé » – une pratique courante qui consiste pour les agents de la police chargée de la Sûreté de l’État (guobao) à faire quitter la ville aux militants et aux pétitionnaires lors de périodes sensibles – à la suite de manifestations par des victimes d’expulsions de leurs terres les 22 et 24 juillet lors de la rencontre des ministres des Finances du G20 et des gouverneurs de la Banque centrale à Chengdu. La deuxième fois, le 24 octobre, Huang Qi a été interrogé par des agents de la Sécurité publique de Chengdu, alors que se déroulait du 24 au 27 octobre le sixième plénum du 18e comité central du Parti communiste chinois à Pékin. Il a été relâché le lendemain.

Depuis la création du site Internet, Huang Qi et d’autres personnes travaillant avec 64 Tianwang ont été arrêtés ou harcelés par les autorités chinoises à plusieurs reprises. Huang Qi a été emprisonné deux fois. Il a d’abord été placé en détention en juin 2000, à l’occasion du 11e anniversaire de la répression de Tiananmen, avant d’être condamné à cinq ans d’emprisonnement en mai 2003 pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ». Il a été de nouveau détenu puis emprisonné pendant trois ans après avoir dénoncé le scandale de la construction des bâtiments ne respectant pas les normes, à la suite du séisme qui a secoué le district de Wenchuan, au Sichuan, en 2008.

D’après 64 Tianwang, leurs journalistes, pour la plupart des « pétitionnaires » devenus journalistes citoyens, ont été interrogés ou placés brièvement en détention plus de 100 fois depuis que le président Xi Jinping a pris ses fonctions en 2012, et au moins 30 personnes ont été officiellement placées en détention. Huit des journalistes de 64 Tianwang sont actuellement derrière les barreaux : Wang Jing, Zhang Jixin, Li Min, Sun Enwei, Li Chunhua, Wei Wenyuan, Xiao Jianfang et Yang Dongying.

La disparition de Huang Qi a coïncidé avec celle de l’avocat spécialisé dans la défense des droits humains Jiang Tianyong, basé à Pékin. Il a été vu pour la dernière fois le 21 novembre et serait également détenu par la police pour avoir dévoilé des secrets d’État. Sa disparition a également coïncidé avec la détention de Liu Feiyue, fondateur du site Internet Civil Rights and Livelihood Watch, basé dans la province du Hubei. Il a été placé en détention le 18 novembre car il était soupçonné de « subversion de l’État ».

Nom : Huang Qi
Homme

J'agis

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en chinois, en anglais ou dans votre propre langue :

 engagez les autorités à veiller à ce que Huang Qi soit protégé contre la torture et les autres formes de mauvais traitements pendant sa détention et à lui permettre, sans délai, de consulter l’avocat de son choix et de contacter ses proches ;

 demandez-leur de faire en sorte qu’il soit jugé conformément aux normes internationales d’équité des procès ;

 priez-les instamment de lui permettre de bénéficier rapidement, régulièrement et sans restriction de soins médicaux, si nécessaire ou à sa demande.

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