Écrire Un militant des droits des travailleurs est détenu au secret

Wei Zhili, l’un des rédacteurs de « Nouvelle Génération » (xinshengdai), un site Internet qui rend compte de la situation des travailleurs migrants internes en Chine, a été transféré en détention au secret le 20 avril 2019. Cette forme de détention ne lui permet pas de consulter l’avocat de son choix. Cet homme risque d’être victime de torture et d’autres mauvais traitements.

Wei Zhili est l’un des rédacteurs de « Nouvelle Génération » (xinshengdai), un site Internet qui rend compte de la situation des travailleurs migrants internes venus des régions rurales de Chine. « Nouvelle Génération » utilise également d’autres sites de réseaux sociaux de Chine continentale pour diffuser des informations sur l’emploi et le droit du travail, ainsi que sur la sécurité et la santé au travail. Dernièrement, une grande partie de ses travaux ont été consacrés au sort des travailleurs et travailleuses de la province du Hunan qui ont contracté la silicose, faute de mesures de protection en matière de santé et de sécurité au travail dans les usines.
Wei Zhili est engagé dans le domaine du droit du travail et des questions féministes depuis qu’il a achevé ses études universitaires, en 2010. Une fois diplômé, il a travaillé dans un centre (手牵手工友活动室), à Shenzhen, qui propose un soutien aux travailleurs, notamment en leur dispensant des conseils juridiques et en les défendant en justice. Tian Yu, une femme qui a fait une tentative de suicide quand elle travaillait pour l’entreprise Foxconn, a souligné sur son blog que Wei Zhili avait été particulièrement à l’écoute et bienveillant à son égard, et que Wei Zhili et un groupe d’étudiants l’avaient soutenue, ainsi que sa famille, l’aidant à traverser la période la plus difficile qu’elle ait jamais connue. De plus, Wei Zhili avait déjà été menacé par la police en raison de son activité dans le domaine des questions relatives au travail. À cette occasion, la police lui aurait dit, ainsi qu’à d’autres syndicalistes, que le militantisme syndical « troubl[ait] l’ordre social » et que « parler pour les travailleurs [était] anticommuniste et contre-révolutionnaire ».

Les personnes qui ont des activités militantes et qui défendent les droits humains continuent à être systématiquement soumises à une surveillance, à des manœuvres de harcèlement et d’intimidation, ainsi qu’à des arrestations et à des placements en détention arbitraire. De plus en plus de défenseur·e·s des droits humains sont retenus par la police dans des lieux de détention non officiels, parfois sans pouvoir consulter un avocat pendant de longues périodes, et risquent de ce fait de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements.

Depuis juillet 2018, les autorités chinoises ont arrêté arbitrairement et interrogé des dizaines de responsables de mouvements étudiants, de défenseur·e·s des droits des travailleurs et d’employé·e·s d’usines dans au moins cinq villes, dans le contexte d’une répression manifestement accrue contre le mouvement syndical naissant dans le pays.

Année après année, la Chine a continué à prendre des mesures pour renforcer son système de censure d’Internet, déjà très répressif. Des milliers de sites Internet et de réseaux sociaux sont contraints de censurer leur contenu, et certaines plateformes telles que Facebook, Instagram et Twitter sont bloquées. De plus, un certain nombre de journalistes citoyens et de directeurs de médias locaux publiant des articles et des informations sur des atteintes aux droits humains commises en Chine ont été arrêtés et emprisonnés.

LIEN VERS L’AU PRÉCÉDENTE : https://www.amnesty.org/fr/documents/asa17/0115/2019/fr/

J'agis

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NOM, PRÉNOM ET PRONOM À UTILISER : Wei Zhili (il)

Monsieur le Directeur,

Wei Zhili et un de ses collègues ont été emmenés par des policiers le 20 mars, dans un contexte de répression des étudiants et des militants des droits des travailleurs. Les policiers n’ont présenté ni mandat d’arrêt ni mandat de perquisition pendant la fouille de son domicile à Guangzhou, et ont interrogé Wei Zhili avant de l’appréhender.
Le 27 mars, le Sous-Bureau de la Sécurité publique du district de Pingshan, à Shenzhen, a informé la famille de Wei Zhili qu’il avait été placé en « détention criminelle » dans le centre de détention n° 2 de Shenzhen car il était soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public ». Les autorités pénitentiaires ont autorisé Wei Zhili à voir les avocats choisis par sa famille le 28 mars, le 8 avril et le 18 avril. Lors d’une de ces visites, Wei Zhili a dit à son avocat qu’il n’avait pas été torturé, mais que les policiers l’avaient humilié verbalement et avaient menacé d’emmener sa famille en salle d’interrogatoire s’il continuait à « refuser de coopérer. »
Cependant, le 20 avril, la police a informé ses parents que, le 19 avril, Wei Zhili avait été placé en « résidence surveillée dans un lieu désigné », une forme de détention au secret qui permet à la police de détenir des personnes en dehors du système de détention officiel pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois. Les personnes qui font l’objet de cette forme de détention ne peuvent consulter l’avocat de leur choix ni voir leurs proches ou d’autres personnes, et courent un risque élevé de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements. La police a également exigé que les parents de Wei Zhili renvoient immédiatement leurs avocats et les a menacés, leur déconseillant de poser des problèmes.
La femme de Wei Zhili, Zheng Churan, militante féministe de renom, est victime d’un harcèlement incessant uniquement parce qu’elle a parlé publiquement de la détention de son mari. Ses comptes WeChat, qu’elle utilisait pour diffuser des informations sur la situation de son mari, ont été supprimés ou bloqués. En avril, son propriétaire, sous la pression de la police, lui a demandé de déménager de l’appartement qu’elle louait.
En conséquence, je vous prie instamment :
• de libérer Wei Zhili immédiatement et sans condition, à moins qu’il n’existe des éléments dignes de foi, suffisants et recevables tendant à prouver qu’il a commis une infraction reconnue par le droit international, et qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un procès conforme aux normes internationales d’équité ;
• de veiller à ce que Wei Zhili ne soit pas soumis à des actes de torture ni à d’autres mauvais traitement, soit autorisé à consulter régulièrement et sans restriction l’avocat de son choix et puisse communiquer avec les membres de sa famille, sans aucune ingérence, à moins que cela ne soit justifié au regard du droit international relatif aux droits humains ;
• de mettre fin à tous les actes de harcèlement contre la famille de Wei Zhili.

Je vous prie d’agréer mes salutations distinguées.


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