Écrire Un militant en détention a été frappé et n’a pas accès aux produits de première nécessité

Huang Qi, fondateur du site 64 Tianwang (64tianwang.org) basé dans le Sichuan, a dit à son avocat qu’il avait été frappé par d’autres détenus et qu’un gardien de prison le savait, et qu’il n’avait pas été autorisé à acheter de produits de première nécessité tels que de la nourriture et du papier toilette. Il souffre de problèmes de santé, ce qui génère des inquiétudes quant à son bien-être.

Huang Qi a dit à son avocat le 3 novembre 2017 qu’il avait été frappé par d’autres détenus au centre de détention de la ville de Mianyang (province du Sichuan) entre le 24 et le 26 octobre, et qu’au moins un des gardiens de prison du centre le savait. Lorsque son avocat a été autorisé à lui rendre visite pour la première fois en trois mois, Huang Qi lui a montré un énorme bleu sur sa jambe gauche.

Il lui a également dit que, contrairement à d’autres détenus, il n’avait pas été autorisé à acheter plus d’aliments nutritifs ni d’autres produits de première nécessité tels que du dentifrice, une brosse à dent et du papier toilette, alors que sa mère et ses amis avaient déposés de l’argent en son nom pour cela.

De plus, Huang Qi a également expliqué que des gardiens l’avaient menacé de 12 à 15 ans d’emprisonnement s’il n’avouait pas s’être rendu coupable de « divulgation de secrets d’État ». L’avocat de Huang Qi est autorisé à l’aider à porter plainte contre les mauvais traitements dont il a été victime, mais il ne peut toujours pas consulter de documents officiels concernant les charges supposées pesant contre cet homme. Le parquet assure à l’avocat depuis septembre qu’il sera autorisé à accéder aux documents.

Alors que Huang Qi a été emmené le 28 novembre 2016, sa famille n’a été informée que le 16 décembre 2016 qu’il était détenu et qu’il avait été officiellement arrêté pour « divulgation de secrets d’État ». Le 28 juillet 2017, lors de son premier entretien avec un avocat depuis son arrestation, Huang Qi a déclaré qu’il avait été maltraité et que des policiers, 36 au total, lui avaient ordonné de rester debout pendant plusieurs heures d’affilée et qu’ils l’avaient interrogé à maintes reprises et fréquemment insulté.

On ignore s’il a reçu des soins médicaux, ce qui génère des inquiétudes quant à son bien-être, car Huang Qi souffre d’une maladie des reins, d’hydrocéphalie, et d’autres affections cardiaques et pulmonaires.

Créé en 1998 par un militant du Sichuan, Huang Qi, et sa femme, Zeng Li, 64 Tianwang est l’un des rares sites Internet de Chine continentale qui recueille des informations sur les manifestations de « pétitionnaires » dans ce pays. La majorité des personnes qui contribuent au site étaient « pétitionnaires » avant de devenir journalistes citoyens et de couvrir les manifestations et les arrestations d’autres « pétitionnaires ». L’ONG internationale Reporters sans frontières a annoncé le 7 novembre 2016 que 64 Tianwang avait remporté le Prix de la liberté de la presse 2016, tout comme les blogueurs chinois détenus Lu Yuyu et Li Tingting, et le reporter syrien Hadi Abdullah.

C’était la troisième fois que Huang Qi était arrêté en 2016. Il a tout d’abord été emmené dans le cadre d’un « voyage forcé » – une pratique courante qui consiste pour les agents de la police chargée de la Sûreté de l’État (guobao) à faire quitter la ville aux militants et aux pétitionnaires lors de périodes sensibles – à la suite de manifestations par des victimes d’expulsions de leurs terres les 22 et 24 juillet 2016 lors de la rencontre des ministres des Finances du G20 et des gouverneurs de la Banque centrale à Chengdu. La deuxième fois, le 24 octobre 2016, Huang Qi a été interrogé par des agents de la Sécurité publique de Chengdu, alors que se déroulait du 24 au 27 octobre 2016 le sixième plénum du 18e comité central du Parti communiste chinois à Pékin. Il a été relâché le lendemain.

Depuis la création du site Internet, Huang Qi et d’autres personnes travaillant avec 64 Tianwang ont été arrêtés ou harcelés par les autorités chinoises à plusieurs reprises. Huang Qi a été emprisonné deux fois. Il a d’abord été placé en détention en juin 2000, à l’occasion du 11e anniversaire de la répression de Tiananmen, avant d’être condamné à cinq ans d’emprisonnement en mai 2003 pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ». Il a été de nouveau détenu puis emprisonné pendant trois ans après avoir dénoncé le scandale de la construction des bâtiments ne respectant pas les normes, à la suite du séisme qui a secoué le district de Wenchuan, au Sichuan, en 2008.

D’après 64 Tianwang, il est arrivé plus de 100 fois que leurs journalistes citoyens soient interrogés ou placés brièvement en détention depuis que le président Xi Jinping a pris ses fonctions en 2012, et au moins 30 personnes ont été officiellement placées en détention. Dix des journalistes de 64 Tianwang sont actuellement derrière les barreaux : Wang Jing, Zhang Jixin, Li Min, Sun Enwei, Li Chunhua, Wei Wenyuan, Xiao Jianfang, Li Zhaoxiu, Chen Mingyan et Wang Shurong.
La disparition de Huang Qi a coïncidé avec celle de l’avocat spécialisé dans la défense des droits humains Jiang Tianyong, basé à Pékin, qui a été placé en détention au secret le 21 novembre 2016 et jugé le 22 août 2017 pour avoir « dévoilé des secrets d’État ». Sa disparition a également coïncidé avec la détention de Liu Feiyue, fondateur du site Internet Civil Rights and Livelihood Watch, basé dans la province du Hubei, qui a été placé en détention le 18 novembre 2016 car il était soupçonné de « subversion de l’État ».

J'agis

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en chinois, en anglais ou dans votre propre langue :
 demandez aux autorités de libérer immédiatement et sans condition Huang Qi, à moins qu’il n’existe des éléments crédibles, suffisants et recevables indiquant qu’il pourrait avoir commis une infraction reconnue par le droit international et qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un procès respectant les normes internationales d’équité ;
 engagez les à veiller à ce que Huang Qi soit protégé contre la torture et les autres formes de mauvais traitements pendant sa détention et à lui permettre, sans délai, de voir sa famille régulièrement ;
 priez-les instamment de lui permettre de bénéficier rapidement, régulièrement et sans restriction de soins médicaux, si nécessaire ou à sa demande.


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