Écrire Un militant voit sa peine d’un an de prison confirmée

Le militant bahreïnite Saeed al Samahiji a vu sa peine d’un an de prison confirmée en appel le 7 septembre. Il avait été reconnu coupable de plusieurs chefs d’inculpation, notamment « outrage à un État frère » et « appel à des manifestations illégales ». Cet homme est un prisonnier d’opinion.

Le 7 septembre, le militant bahreïnite Saeed Mothaher Habib al Samahiji a vu sa peine de prison d’un an confirmée par la chambre n° 2 de la Cour d’appel de Manama, la capitale. Il avait été reconnu coupable de plusieurs charges, notamment d’« outrage à un État frère [l’Arabie saoudite] », « incitation publique à désobéir aux lois et aux institutions de Bahreïn » et « appel à participer à des manifestations et rassemblements non autorisés » sur son compte Twitter. Lors de son procès, il a nié tous les faits qui lui sont reprochés. Il est actuellement détenu à la prison de Jaww, à une trentaine de kilomètres au sud de Manama.

Saeed al Samahiji a été arrêté chez lui le 3 janvier 2016 pour avoir diffusé des informations concernant l’exécution de l’éminent religieux chiite saoudien, Sheikh Nimr al Nimr, et pour avoir insulté le royaume d’Arabie saoudite sur Twitter. Son procès, qui s’est ouvert le 31 janvier, a été reporté à plusieurs reprises. Il a observé une grève de la faim du 14 février au 31 mars pour dénoncer les mauvais traitements subis à la prison de Dry Dock, et notamment le fait d’avoir été menacé et insulté par des surveillants pour avoir demandé à sa famille de lui apporter un livre sur les premiers secours et d’être séparé de ses proches par une paroi vitrée lors des visites. Il a été conduit à la clinique de la prison peu après avoir commencé sa grève de la faim, mais a refusé de s’alimenter. Durant sa grève de la faim, il a perdu une vingtaine de kilos. Il a été condamné à un an de prison le 7 avril et transféré à la prison de Jaww le 10 avril.

Le 3 janvier, Saeed Mothaher Habib al Samahiji, ophtalmologue, a été arrêté par la police à son domicile dans la ville d’Issa, à 15 kilomètres au sud de Manama, la capitale. Son domicile a été fouillé et ses appareils électroniques ont été saisis. Le parquet a publié une déclaration le lendemain évoquant la détention pendant sept jours d’une personne accusée d’avoir « fait un usage abusif des réseaux électroniques pour insulter un peuple frère et encourager des manifestations non autorisées ayant mené à des manifestations accompagnées de violences ».

Le 2 janvier, le ministère de l’Intérieur avait indiqué sur son site Internet que les articles 168 et 215 du Code pénal bahreïnite s’appliqueraient à quiconque tenterait de se servir des « décisions de justice rendues récemment en Arabie saoudite » (sans doute en référence à l’exécution de Nimr al Nimr, annoncée ce jour-là) pour aggraver les tensions communautaires ou inciter à la violence.

Les articles 168 et 215 du Code pénal de Bahreïn disposent respectivement que toute personne diffusant délibérément de fausses informations ou déclarations ou des rumeurs malveillantes ou offensant publiquement un pays étranger ou une organisation internationale basée à Bahreïn, son président ou l’un de ses représentants, doit être condamnée à une peine d’emprisonnement de deux ans au maximum et à une amende ne dépassant pas 200 dinars bahreïnites (environ 470 euros) ou à l’une ou l’autre de ces sanctions.

Saeed al Samahiji avait été arrêté par le passé lorsqu’il avait prononcé un bref discours filmé en septembre 2013 à l’enterrement de Sadeq Sabt, un manifestant de 22 ans décédé au complexe médical de Salmaniya un mois après avoir été renversé par une voiture de police lors d’une manifestation, le 30 juillet 2013. En décembre 2013, Saeed al Samahiji avait été jugé au titre des articles 92/2 et 214 du Code pénal bahreïnite pour avoir « insulté publiquement le roi de Bahreïn » et condamné à un an d’emprisonnement. En avril 2014, la Haute cour d’appel a confirmé sa condamnation. Le 1er juillet 2014, il a été arrêté pour purger sa peine à la prison de Jaww. Il a été libéré le 1er juillet 2015, après l’avoir purgée.

Saeed al Samahiji faisait partie d’un groupe de professionnels de la santé du complexe médical de Salmaniya arrêtés début 2011 pour avoir pris part à des contestations massives contre le gouvernement et s’être exprimés ouvertement lors d’entretiens avec des journalistes étrangers et avoir accusé le gouvernement de violations flagrantes des droits des manifestants. Tous ont été détenus au secret pendant plusieurs mois. Saeed al Samahiji avait été condamné à un an d’emprisonnement pour « enlèvement à des fins terroristes », « rassemblement illégal et participation à des manifestations non autorisées » et « incitation à la haine envers un autre groupe religieux ». Cette condamnation avait été confirmée par la Cour de cassation de Manama le 1er octobre 2012. Il avait été libéré le 24 avril 2013.

Il a déclaré à Amnesty International que lors de son arrestation en 2011, il avait subi des actes de tortures et autres mauvais traitements, et avait notamment été frappé à la tête, aux jambes et au niveau des reins, et qu’il souffrait toujours de problèmes liés à ces violences.

Après avoir examiné les documents juridiques et les éléments du dossier, Amnesty International n’a trouvé aucune preuve que Saeed Samahiji ou aucun autre des professionnels de santé arrêtés aient eu recours à la violence ou l’aient encouragée lors de leur participation aux manifestations en faveur de réformes en 2011. Elle les considère donc comme des prisonniers d’opinion, incarcérés uniquement pour avoir exercé leurs droits aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique.

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