Écrire Un prisonnier d’opinion dans un état critique

Le prisonnier d’opinion Mohammad Nazari, injustement incarcéré depuis plus de 20 ans, est très gravement malade et a besoin de toute urgence de soins médicaux à l’extérieur de la prison. Il observe une grève de la faim depuis le 30 juillet 2017 pour réclamer sa libération. Il doit être remis en liberté immédiatement et sans condition.

L’état de santé du prisonnier d’opinion Mohammad Nazari, 46 ans, qui a passé la moitié de sa vie en prison, s’est gravement détérioré en raison de sa grève de la faim prolongée. Il observe un jeûne de protestation depuis le 30 juillet 2017 pour dénoncer l’injustice de son emprisonnement et le fait que les autorités refusent de réexaminer sa déclaration de culpabilité et sa peine, prononcées à l’issue d’un procès manifestement inique et liées à son soutien pacifique aux objectifs politiques du Parti démocratique kurde d’Iran (KDPI). Il a perdu environ 25 kilos, il fait de l’hypotension et il est devenu si faible physiquement qu’il ne peut plus marcher ni parler. Il souffre également de plusieurs problèmes de santé d’ordre général, y compris de troubles cardiaques, pour lesquels les médecins pénitentiaires disent depuis longtemps qu’il a besoin de soins médicaux spécialisés à l’extérieur de la prison. Les autorités ont systématiquement ignoré leur avis. Le 19 octobre, Mohammad Nazari a été transféré d’urgence dans un hôpital en dehors de la prison, mais il a été renvoyé en prison le lendemain sans avoir reçu un traitement adéquat. Malgré la détérioration de sa santé, Mohammad Nazari a déclaré qu’il continuerait sa grève de la faim jusqu’à sa mort, à moins que les autorités n’accèdent à sa demande, maintes fois formulée, de réexamen équitable de son dossier.

Mohammad Nazari a été arrêté à l’âge de 23 ans en mai 1994 par des pasdaran (gardiens de la révolution) à Bukan, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental. Il a été détenu à l’isolement pendant plus d’un mois, d’abord par les pasdaran, puis par le ministère du Renseignement. Il a déclaré que, pendant cette période, on l’avait soumis à des actes de torture (notamment des passages à tabac, des coups de pied ainsi que des coups de fouet sur la plante des pieds) et on l’avait menacé de s’en prendre à sa sœur, pour le contraindre à « avouer » son implication présumée dans un complot visant à l’assassinat d’un certain nombre de personnes liées aux pasdaran. Aucun élément tendant à prouver l’existence d’un complot ou l’implication de Mohammad Nazari dans des activités armées n’a été présenté au tribunal. Amnesty International pense que ces accusations étaient forgées de toutes pièces et que son arrestation était liée à ses opinions politiques. À l’issue d’un procès manifestement inique, d’une durée de 30 minutes, devant un tribunal révolutionnaire siégeant dans la ville de Mahabad, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, Mohammad Nazari a été reconnu coupable d’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et condamné à mort. Le tribunal a rendu son jugement sur la base de ses « aveux » forcés, bien que Mohammad Nazari ait déclaré à maintes reprises devant cette juridiction que ses « aveux » lui avaient été extorqués sous la torture et que des fonctionnaires du ministère du Renseignement lui avaient dit savoir que le prétendu complot d’assassinat avait été fabriqué de toutes pièces. La peine de mort qui avait été prononcée contre Mohammad Nazari a été commuée en réclusion à perpétuité en 1999. Depuis lors, il a demandé à maintes reprises à faire l’objet d’un nouveau procès mais apparemment, aucune de ses requêtes n’a été examinée par les autorités. Il n’a pu bénéficier des services d’un avocat à aucun moment de sa détention et de son procès. Il n’a jamais reçu de copie officielle du jugement.

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