Écrire Un prisonnier d’opinion détenu au secret

Condamné à sept ans d’emprisonnement par le Tribunal pénal spécial de Riyadh, l’écrivain saoudien Nazeer al Majed est détenu au secret depuis le 18 janvier. Cet homme est un prisonnier d’opinion et risque de subir des actes de torture ou d’autres mauvais traitements.
Le 18 janvier, Nazeer al Majed (39 ans), assistant de cours techniques et scientifiques, écrivain et père de deux enfants, a été déclaré coupable par le Tribunal pénal spécial, juridiction antiterroriste siégeant à Riyadh, la capitale du pays. Il a été condamné à sept ans d’emprisonnement, à une interdiction de quitter le territoire pendant sept ans à l’issue de sa peine et à une amende s’élevant à 100 000 rials saoudiens (environ 26 000 dollars des États-Unis) pour avoir « rompu son allégeance au souverain ». Ce chef d’accusation a été retenu contre lui pour diverses raisons, dont le fait d’avoir participé à des manifestations, écrit des articles où il s’opposait à la politique de l’État et communiqué avec les médias. Le juge a ordonné son arrestation immédiate.
Constatant que Nazeer al Majed ne répondait pas au téléphone et n’était pas rentré chez lui après l’audience le 18 janvier, sa famille a appelé le Tribunal pénal spécial le lendemain pour s’enquérir de son sort. On lui a dit qu’il avait été condamné et conduit à la prison politique d’Al Hair, à Riyadh, où il se trouve toujours aujourd’hui. Depuis son arrestation, il est détenu au secret sans pouvoir contacter sa famille, ce qui fait craindre qu’il ne soit torturé ou autrement maltraité.
Nazeer al Majed avait déjà été arrêté le 17 avril 2011 sur son lieu de travail, l’école publique Jabal al Noor située dans la ville d’Al Khubar (province de l’Est). Il a été détenu sans inculpation ni jugement jusqu’à sa libération, le 26 juillet 2012, dans le centre de détention de la Direction générale des enquêtes, qui est situé dans la ville de Dammam (province de l’Est) et dépend du ministère de l’Intérieur. Il a été maintenu à l’isolement pendant les cinq premiers mois. En octobre 2016, plus de quatre ans après avoir été relâché, Nazeer al Majed a reçu un appel téléphonique l’informant de sa convocation au Tribunal pénal spécial de Riyadh pour y être jugé. Le procès s’est ouvert le 24 octobre 2016. Il comparaissait pour des infractions qu’on l’accusait d’avoir commises en 2011 alors qu’il n’avait fait, pour chacune d’entre elles, qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Le 18 janvier, lors de la cinquième audience, il a été arrêté après avoir été condamné à une peine d’emprisonnement.

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