Écrire Un prisonnier d’opinion est en détention

Le 24 mai, la Cour d’appel de Bahreïn a réduit de moitié la peine d’emprisonnement de Taha al Dirazi, la faisant passer de six à trois mois. Il a été immédiatement arrêté pour purger sa peine. Taha al Dirazi a été déclaré coupable de « rassemblement illégal » pour avoir participé à une manifestation pacifique dans le village de Duraz le 19 juillet 2016. Cet homme est un prisonnier d’opinion.

Le 24 mai, Taha al Dirazi, un neurochirurgien, a vu sa peine d’emprisonnement de six mois réduite à trois mois par la troisième Haute Cour criminelle d’appel de Manama, la capitale de Bahreïn. Après l’annonce de la décision, Taha al Dirazi a été immédiatement arrêté et transféré à la prison de Jaww pour purger sa peine. Il a été déclaré coupable de « rassemblement illégal » pour avoir participé le 19 juillet 2016 au sit-in dans le village de Duraz, à l’ouest de Manama. La manifestation avait commencé le 20 juin 2016, après la décision des autorités de déchoir de sa nationalité cheikh Issa Qassem, le chef spirituel chiite de Bahreïn.

Taha al Dirazi avait initialement été condamné à six mois de prison par le troisième tribunal pénal de première instance de Manama le 9 février, et avait dû payer une caution de 100 dinars bahreïnites pour que sa peine ne soit pas appliquée en attendant son appel.

Depuis juin 2016, les autorités bahreïnites ont intensifié la répression contre les personnes considérées comme critiquant le gouvernement.

Des manifestations pacifiques dans le village de Duraz, à l’ouest de Manama, ont débuté le 20 juin 2016, lorsque le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il avait déchu de sa nationalité le chef spirituel chiite de Bahreïn, cheikh Issa Qassem, le rendant ainsi apatride, puisqu’il n’a pas d’autre nationalité.

Le 21 mai, cheikh Issa Qassem a été condamné à un an de prison pour « blanchiment d’argent et levée de fonds publics sans obtenir d’autorisation », la condamnation ayant été suspendue pendant trois ans. Cette accusation est liée au fait qu’il a reçu des khums, obligation religieuse pour les musulmans chiites de donner un cinquième de leurs revenus annuels à leur guide spirituel ou son représentant qui, à son tour, le distribue aux pauvres. C’est une coutume pratiquée par la communauté chiite à Bahreïn depuis des siècles. Cheikh Issa Qassem est également le guide spirituel du parti d’opposition al Wefaq, dissous en juillet 2016.

Le 23 mai, à Duraz, les forces de sécurité bahreïnites ont recouru à une force excessive contre des manifestants, pour la plupart pacifiques, dans le cadre d’une répression lancée contre ce village pris pour cible par les autorités depuis juin 2016, c’est-à-dire depuis 11 mois. D’après les informations disponibles, cinq personnes ont été tuées, dont un enfant, huit personnes ont été placées en soins intensifs et des centaines ont été blessées par les forces de sécurité, qui ont ouvert le feu et utilisé du gaz lacrymogène contre les manifestants. Au cours de ces violents affrontements, des descentes ont été effectuées chez les voisins de cheikh Issa Qassem, et les personnes se trouvant chez elles ont été arrêtées. Au total, 286 personnes ont été arrêtées. Pour plus d’informations, veuillez consulter le communiqué de presse d’Amnesty International du 23 mai 2017 : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/05/bahrain-at-least-one-dead-and-hundreds-injured-as-government-violently-cracks-down-on-opposition/.

J'agis

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue :
 appelez les autorités bahreïnites à libérer immédiatement et sans condition Taha al Dirazi, car cet homme est un prisonnier d’opinion détenu uniquement pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté de réunion ;
 engagez-les à protéger le droit aux libertés d’expression, de réunion et d’association et à abroger ou modifier les lois érigeant en infraction l’exercice de ces droits, y compris l’article 216 du Code pénal.


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