Écrire Un responsable indigène tué, sa communauté en danger

Le 1er février, Juan Ontiveros Ramos, un responsable indigène, a été retrouvé mort dans l’État de Chihuahua (nord du Mexique). La veille, des inconnus l’avaient emmené de force de son domicile et avaient violemment frappé les autres membres de la famille au cours de l’attaque. Les habitants de Choréachi sont toujours en danger.
Le 31 janvier, des inconnus armés ont pénétré dans la maison familiale de Juan Ontiveros Ramos, dans la municipalité de Guadalupe y Calvo, l’ont frappé ainsi que les autres membres de sa famille et l’ont emmené de force. Des témoins ont entendu des coups de feu immédiatement après. Le 1er février, le corps de Juan Ontiveros a été retrouvé ailleurs dans la municipalité
Juan Ontiveros Ramos était un responsable du peuple indigène rarámuri (tarahumara). Il était en charge des problèmes de sécurité de la communauté de Choréachi (également connue sous le nom de Pino Gordo), localisée dans la municipalité de Guadalupe y Calvo, dans l’État de Chihuahua. À plusieurs reprises, il a présenté au gouvernement mexicain des informations concernant les préoccupations de son peuple liées à la criminalité, notamment au crime organisé dans la région. À cet effet, il avait participé le 20 janvier à une réunion de haut niveau avec les autorités étatiques et fédérales.
Amnesty International possède des informations indiquant que d’autres membres du peuple rarámuri ont été pris pour cible après avoir informé les autorités de leurs problèmes de sécurité ou après en avoir parlé publiquement. Ces dernières années, certains responsables et leurs familles, ainsi que des membres d’ONG travaillant sur le terrain, ont fui la communauté après avoir été menacés et attaqués par des personnes armées. Amnesty International pense que d’autres membres de la communauté, vivant à Choréachi ou déplacés de force ailleurs dans l’État de Chihuahua, sont en danger.

La communauté de Choréachi défend son territoire depuis longtemps, notamment par des querelles avec les villes voisines non-indigènes au sujet des limites de leurs terres et par des luttes pacifiques pour mettre fin à l’abattage des arbres dans la région.
Ces dernières années, d’autres responsables de la communauté ont été intimidés ou attaqués. En 2013, des hommes armés ont tué Jaime Zubia Cevallos et Socorro Ayala, deux responsables rarámuris, au cours de deux attaques différentes. En 2014, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a accordé des mesures conservatoires à plusieurs membres de communautés, mais les informations disponibles montrent que ces mesures ont été mises en œuvre de manière inefficace par les autorités mexicaines.
D’autres Rarámuris ont été attaqués pour s’être opposés à l’abattage d’arbres et pour avoir défendu leur territoire. Plus récemment, le 15 janvier 2017, des hommes armés ont tué Isidro Baldenegro dans une communauté rarámuri voisine, toujours dans la municipalité de Guadalupe y Calvo, et sont toujours en fuite.
Noms : Juan Ontiveros Ramos (homme) et les membres de la communauté de Choréachi
Hommes et femmes

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