Écrire Un ressortissant américain condamné à mort

Le 13 juillet, le citoyen américain Robert Slaten a été condamné à mort en appel en Arabie saoudite. Un tribunal l’a déclaré coupable du meurtre de son épouse à l’issue d’un procès manifestement inique. Sa condamnation reposait largement sur les déclarations du fils de la victime, qui n’a pas été témoin du crime.

Le 13 juillet, Robert Paul Slaten, ressortissant américain âgé de 61 ans et père de deux enfants, a été condamné à mort par le tribunal général de Riyadh, la capitale saoudienne, pour le meurtre de son épouse, de nationalité sri-lankaise. Le tribunal avait conclu en 2015 que les preuves étaient insuffisantes pour le déclarer coupable d’« homicide volontaire et agressif », mais les juges ont usé de leur pouvoir discrétionnaire au titre de la charia (loi islamique) et l’ont condamné à cinq ans de prison. Il a par la suite été condamné à la sentence capitale à l’issue d’une procédure en appel impliquant le tribunal général et la cour d’appel de Riyadh.

D’après les pièces versées au dossier, le tribunal général avait conclu que les éléments n’étaient pas suffisants pour prouver que Robert Slaten avait commis ce meurtre. Le tribunal l’a alors déclaré coupable du crime en se basant sur des déclarations faites par le fils de la victime, qui a juré à 50 reprises qu’il croyait que Robert Slaten était bien responsable du meurtre de sa mère, même s’il n’était pas présent sur les lieux et n’a fourni aucune information substantielle permettant d’étayer sa conviction. La procédure suit une disposition de la charia qui permet à un tribunal de s’appuyer sur la déclaration d’un proche de la victime (seulement les hommes), dans laquelle il affirme au moins 50 fois sous serment penser que l’accusé est l’auteur des faits. Les notes d’audience montrent qu’au départ le fils de la victime a refusé de faire ces déclarations sous serment mais a finalement été convaincu de le faire par les juges.

Robert Slaten a été arrêté dans la soirée du 2 avril 2011, devant chez lui, dans l’enceinte de Saudi Aramco, à Dhahran, ville de l’est du pays. Selon sa famille, il a été détenu au secret et placé à l’isolement pendant les deux premiers mois de sa détention. Pendant cette période, il a été interrogé à de multiples reprises sans avocat. Il affirme qu’au cours d’un interrogatoire, il a été contraint de rester debout devant un tableau figurant des sabres et menacé d’exécution. D’autres fois, on lui a dit qu’il serait autorisé à appeler la personne de son choix s’il acceptait d’« avouer » le meurtre. Robert Slaten n’a eu quasiment aucune représentation légale tout au long de son procès. Son avocat n’a assisté qu’à quelques audiences au début, et les représentants de l’ambassade américaine à aucune. Il clame son innocence et a fait appel du dernier jugement, une nouvelle fois devant la cour d’appel.

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