Écrire Une ambassade américaine doit délivrer d’urgence des cartes de résident permanent obtenues par loterie

Des Yéménites qui ont tout abandonné pour venir aux États-Unis sont bloqués en Malaisie depuis des mois à cause du « décret anti-immigration » discriminatoire envers les musulmans et les réfugiés.
Plusieurs dizaines de Yéménites ont obtenu la possibilité d’immigrer aux États-Unis grâce à la loterie attribuant des cartes de résident permanent dans ce pays et se sont rendus en surmontant des risques et des frais considérables à Kuala-Lumpur, la capitale de la Malaisie, entre fin 2016 et début 2017 pour se faire enregistrer à l’ambassade américaine. À l’issue de leur entretien dans ses locaux, ils ont été informés que leur visa était en cours de procédure administrative ou que leur demande avait été rejetée.
Après avoir participé à ces entretiens, le service des visas d’immigration de l’ambassade a annoncé à neuf membres du groupe avec lequel Amnesty International a communiqué que, à la suite du décret présidentiel interdisant l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans (dont le Yémen), leur demande resterait sous le coup d’une procédure administrative jusqu’à la fin de la période de restriction de 90 jours instaurée par ce texte. Étant donné que la nouvelle version du « décret anti-immigration » signée le 24 septembre prolonge l’interdiction d’entrée sans limite de temps pour les ressortissants du Yémen, ces gagnants d’une carte de résident permanent à la loterie pourraient être empêchés de voir leur demande traitée et d’immigrer aux États-Unis. Sans la décision rendue par la Cour suprême des États-Unis en juin 2017, qui a suspendu temporairement les restrictions applicables au décret, ces demandes auraient été examinées et traitées avant que la limite de 50 000 cartes de résident attribuées par loterie pour 2017 ne soit atteinte et que l’interdiction d’entrée soit prolongée le 24 septembre.
Amnesty International a également recueilli les témoignages écrits ou oraux de 25 ressortissants yéménites dont les demandes de carte de résident permanent ont été rejetées à l’issue de leur entretien à l’ambassade américaine à Kuala-Lumpur. La plupart d’entre eux ont indiqué que leur demande avait été refusée en raison de doutes concernant leurs qualifications et leur expérience, alors que, selon eux, ils avaient présenté des copies valides des justificatifs, certifiées par le ministère de l’Éducation, le ministère des Affaires étrangères ou l’ambassade du Yémen. Amnesty International croit savoir que certains de ces cas ont depuis été abordés au niveau consulaire et qu’il a été convenu de les examiner, mais avant que cet examen puisse avoir lieu, il a été suspendu à la suite de la décision de la Cour suprême. Au vu du fait que ces visas étaient en cours de traitement avant que l’interdiction d’entrée ne soit prolongée le 24 septembre et que la limite annuelle du nombre de cartes de résident attribuées par loterie ne soit atteinte, l’ambassade américaine doit éviter tout préjudice supplémentaire en reprenant immédiatement le processus d’attribution des visas délivrés dans ce cadre pour ces ressortissants yéménites, en accélérant notamment le traitement des dossiers déjà rouverts pour examen.

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