Écrire Une avocate défenseure des droits humains est détenue sans inculpation officielle

Li Yuhan, avocate défenseure des droits humains âgée de 60 ans, a été placée en « détention criminelle » il y a près d’un mois, et on ne dispose d’aucune information officielle quant aux charges retenues contre elle. On est sans nouvelles de cette femme depuis le 9 octobre 2017, et il n’a pas été confirmé qu’elle pouvait consulter un avocat de son choix. Elle risque d’être victime de torture ou d’autres mauvais traitements.

On est sans nouvelles de Li Yuhan depuis qu’elle a envoyé un SMS à son frère, le 9 octobre 2017, pour l’informer qu’elle était emmenée par la police. D’après sa famille, elle a été placée en « détention criminelle » par le bureau de la Sécurité publique de la ville de Shenyang, dans le district de Heping (province du Liaoning).

Après avoir perdu tout contact avec elle, les proches de Li Yuhan ont demandé à de nombreuses reprises aux pouvoirs locaux de leur dévoiler le lieu où elle se trouvait. Finalement, le 31 octobre, ils ont révélé qu’un policier dirigeant la division des enquêtes pénales du bureau de la Sécurité publique de la ville de Shenyang avait confirmé, lors d’un appel téléphonique, que Li Yuhan avait été placée en détention. Le policier a également affirmé qu’elle lui avait donné l’autorisation légale d’engager un avocat en son nom.

Le policier a indiqué que Li Yuhan était détenue pour avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public », mais n’a fourni aucun document officiel et n’a confirmé aucune autre information. On ne sait pas si elle a engagé un conseil de son choix ou si les autorités lui ont commis un avocat d’office.

Le lendemain du jour où il a reçu confirmation de sa détention, Wang Qiushi, un avocat de Heilongjiang, s’est rendu au centre de détention n° 1 de la ville de Shenyang pour tenter de rencontrer Li Yuhan. Les agents ont refusé d’accéder à sa demande et ont seulement confirmé que Li Yuhan était détenue dans ce centre depuis le 9 octobre. Lorsqu’il le leur a demandé, les agents ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas divulguer les charges pour lesquelles Li Yuhan était détenue et ont refusé de montrer l’autorisation légale écrite par laquelle Li Yuhan aurait engagé un avocat.

La santé de Li Yuhan soulève des inquiétudes, car elle souffre de problèmes cardiaques et a subi une lourde opération en mars 2017. Détenue au secret, sans que l’on sache si elle peut consulter un avocat de son choix, Li Yuhan risque d’être victime de torture et d’autres mauvais traitements.

Li Yuhan a commencé à exercer en 1991 et a travaillé sur plusieurs affaires liées aux droits humains. Elle est l’un des deux avocats qui ont représenté Wang Yu, avocate des droits humains de Pékin, qui a été la première d’environ 250 avocats et militants à avoir été détenus ou interrogés pendant la répression massive qui a commencé en juillet 2015.

Pendant que Wang Yu était détenue, Li Yuhan s’est rendue de nombreuses fois à Tianjin, dans le nord-est de la Chine, pour tenter de la rencontrer. Cependant, les agents de la Sécurité publique ont toujours rejeté les demandes de Li Yuhan, affirmant qu’ils ne pouvaient pas lui permettre de rencontrer Wang Yu, car celle-ci était accusée d’« atteintes à la sûreté de l’État ». Wang Yu a été détenue pendant environ un an avant d’être libérée sous caution en juin 2016.

Fin juin 2017, un an après sa libération, Li Yuhan et son confrère ont rendu visite à Wang Yu en Mongolie intérieure, où elle et sa famille ont été placées sous stricte surveillance policière. Beaucoup d’amis de Li Yuhan ainsi que d’autres militants des droits humains pensent que sa détention pourrait être liée au fait qu’elle est l’avocate de Wang Yu et qu’elle a travaillé sur d’autres affaires liées aux droits humains.

D’après l’ONG Chinese Human Rights Defenders (CHRD), en mai 2015, Li Yuhan a été agressée par des policiers à Pékin après avoir fait état du comportement illégal de fonctionnaires locaux, qui d’après elle avaient entravé la justice lors d’une procédure civile. À l’époque, pendant sa détention, un policier lui a cogné la tête contre des toilettes et elle est restée inconsciente pendant plusieurs heures. Après sa libération, on a diagnostiqué à Li Yuhan une commotion cérébrale ainsi que des blessures au dos, à la tête, aux membres et au ventre. Elle a continué à souffrir de migraines incessantes, de vertiges, de nausées, de troubles de la vision et d’arythmie cardiaque, et a dû suspendre son activité professionnelle pendant quelques temps.

Les militants et défenseurs des droits humains continuent d’être systématiquement soumis à une surveillance, à des manœuvres de harcèlement et d’intimidation, à des mises en détention et à des arrestations. De plus en plus de défenseurs des droits humains sont maintenus par la police dans des lieux de détention non officiels, parfois sans pouvoir consulter un avocat pendant de longues périodes, ce qui les expose au risque de subir des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements.

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