Écrire Une candidate à l’élection détenue pour avoir manifesté pacifiquement

Une candidate à l’élection de la Chambre basse du Parlement du Myanmar a été arrêtée et inculpée pour avoir participé à une manifestation pacifique, organisée il y a 10 mois en vue de protester contre la mort d’une manifestante qui avait été abattue. Il s’agit d’une prisonnière d’opinion, qui doit être libérée immédiatement et sans condition.
Myat Nu Khaing, médecin et candidate indépendante à l’élection dans la municipalité de Phyu, dans la région de Bago, a été interpellée par le chef de la police de Phyu le 17 octobre dans un restaurant, alors qu’elle déjeunait, faisant une pause dans ses activités de campagne. Elle a été arrêtée pour avoir participé à une manifestation pacifique à Yangon, la plus grande ville du Myanmar, le 29 décembre 2014. Les manifestants réclamaient l’ouverture d’une enquête sur la mort de Khin Win.
Khin Win a été abattue le 22 décembre 2014 lorsque la police a ouvert le feu sur des personnes qui protestaient contre l’appropriation de terrains pour le projet de mine de cuivre de Letpadaung, dans la région de Sagaing (centre du Myanmar). La population et les militants locaux continuent de s’opposer à l’installation de cette nouvelle mine de cuivre parce qu’ils craignent des dommages écologiques, des expulsions forcées et des répercussions négatives sur les droits des habitants en matière de logement, d’alimentation et d’emploi, entre autres. Les autorités du Myanmar y ont répondu à plusieurs reprises en faisant usage d’une force excessive contre des manifestants pacifiques et en procédant à des arrestations et des détentions arbitraires.
Au lendemain de son arrestation, Myat Nu Khaing a été conduite au poste de police de la municipalité de Dagon, à Yangon. Le 19 octobre, le tribunal de la municipalité de Dagon l’a inculpée d’une série d’infractions au titre du Code pénal, notamment : inciter la population à « commettre une infraction contre l’État ou contre l’ordre public » (article 505-b) ; « agression ou usage de la force en vue d’empêcher un fonctionnaire d’exercer ses fonctions » (article 353) ; effectuer « des actes et des chansons obscènes » en public (article 294) ; « agresser ou gêner un fonctionnaire qui maintient l’ordre lors d’une émeute » (article 152) et « émeute » (article 147). Elle a également été inculpée de participation à un rassemblement non autorisé en vertu de l’article 18 de la Loi sur les rassemblements et processions pacifiques. Elle encourt une peine maximale de neuf ans et neuf mois de prison. Elle s’est vue refuser la libération sous caution lors de son audience et se trouve actuellement à la prison d’Insein, à Yangon.

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