Écrire Une communauté indigène attaquée par des hommes armés

La communauté indigène ysati du district d’Itakyry (département du Alto Paraná, sud-est du Paraguay) a vu ses récoltes et six habitations incendiées et 55 personnes, dont 38 enfants, déplacées en raison de ces violences. Les membres de la communauté craignent de nouvelles attaques et sont contraints de fuir. Amnesty International appelle la procureure générale à ouvrir immédiatement une enquête sur les attaques perpétrées contre la communauté indigène ysati et à traduire en justice les responsables présumés de ces agissements.

La communauté indigène ysati dite « 3 de Julio » est l’une des communautés du peuple indigène avá guaraní qui vit dans le district d’Itakyry (département du Alto Paraná, sud-est du Paraguay). Dans cette zone, les titres fonciers relatifs aux terres de l’Institut national des peuples indigènes (INDI), des propriétaires individuels et de l’Industrie paraguayenne des alcools (INPASA) se chevauchent.

Le 19 septembre 2016, sept dirigeants de la communauté indigène ont signé un accord notarié avec trois personnes affirmant être les propriétaires des terres occupées par les communautés. Les témoins de l’accord étaient l’ancien président de l’INDI et le maire de la municipalité du district d’Itakyry.

En vertu de l’accord, les plaignants demandaient la suspension et la clôture de toutes les poursuites pénales qu’ils avaient engagées contre les membres des communautés, tandis que ces derniers s’engageaient à se retirer définitivement et pacifiquement des propriétés agricoles. Par la signature du texte, les membres des communautés s’engageaient et obligeaient tous les autres membres des communautés à respecter cet accord, auquel ils avaient souscrit volontairement.

Le 7 mai, lorsqu’un des dirigeants de la communauté a quitté la zone avec plusieurs familles, conformément à l’accord, les familles qui avaient décidé de rester dans la communauté indigène ysati « 3 de Julio » ont été agressées par une dizaine de civils armés, accompagnés d’un avocat. Les hommes ont incendié des habitations, démoli l’école locale et tiré sur des membres de la communauté. De nombreux membres de la communauté ont dû fuir.

Le 11 mai, le médiateur a déposé une plainte auprès du ministère public. Celui-ci, pour sa part, a inculpé quatre personnes de contrainte grave et de présentation d’un danger public. Selon des organisations de la société civile, l’un des inculpés s’est présenté en tant qu’avocat de l’INPASA avant l’attaque, mais le bureau du procureur a indiqué qu’il n’avait pas été possible d’étayer l’existence d’un tel lien. Il a été établi qu’un des autres inculpés était un employé de l’INPASA.

La communauté et les propriétaires se sont engagés à se soumettre aux procédures juridictionnelles et administratives nécessaires pour résoudre les différends et les conflits relatifs à la délimitation des terrains des propriétaires et des terres des parties indigènes détenant également des titres de propriété. Un règlement est en cours, et la procédure devrait se poursuivre devant le tribunal civil d’Itakyry, tandis que l’organe compétent définit à quelle partie ou quelles parties appartient chaque propriété ou partie de propriété en question.

J'agis

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Madame la Procureure générale,

Je vous écris au sujet de l’attaque perpétrée contre la communauté indigène ysati dans le district d’Itakyry (département du Alto Paraná), où des membres de cette communauté ont signalé que, le 3 mars, un groupe d’une cinquantaine de personnes, composé de propriétaires terriens accompagnés d’individus armés, était entré sur leurs terres ancestrales et avait incendié leurs cultures et six habitations, ainsi que tous les biens qui se trouvaient à l’intérieur. Cinquante-cinq personnes, dont 38 enfants, ont été touchées et sont toutes hébergées de manière précaire dans une communauté voisine.

Selon des membres de la communauté, 15 des 50 assaillants, en possession d’armes à feu, sont toujours sur place et, d’après des informations récentes, ont tiré des coups de feu en l’air. Les membres de communauté craignent de nouvelles attaques et considèrent que leur vie et leur intégrité sont en danger.

Je vous prie instamment de diligenter une enquête sur les attaques perpétrées contre la communauté indigène ysati et de traduire en justice les responsables présumés de ces agissements.

Veuillez agréer, Madame la Procureure générale, l’expression de ma haute considération,

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