Écrire Une défenseure des droits humains risque de subir des actes de torture en détention

Ebtisam al Saegh, une défenseure des droits humains bahreïnite, a été arrêtée le 3 juillet par des membres des forces de sécurité masqués qui ont effectué une descente à son domicile. Amnesty croit savoir qu’elle est détenue au centre de détention pour femmes de Madinat Issa, à la périphérie de Manama. Cette femme est une prisonnière d’opinion et risque de subir des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, notamment des agressions sexuelles.
Ebtisam al Saegh, 48 ans, a été arrêtée le 3 juillet à 23 heures 45, lorsqu’environ 25 agents masqués en civil, qui ont affirmé appartenir à la Direction des enquêtes criminelles (CID), ont effectué une descente chez elle à Jid Ali, au sud de Manama, la capitale. Trois hommes armés se sont postés devant la maison, et sept agents, dont deux femmes portant l’abaya (robe) et le niqab (voile couvrant le visage), sont entrés chez elle. Ils n’ont pas présenté de mandat d’arrêt. Quand Ebtisam al Saegh leur a demandé pourquoi ils l’arrêtaient et où ils l’emmenaient, ils lui ont répondu : « Vous n’avez pas besoin de parler, vous le saurez dès que vous serez arrivée ». Les agents lui ont confisqué son téléphone portable et sa carte d’identité nationale et l’ont emmenée. Elle a été autorisée à emmener son traitement médical. Amnesty International pense que son arrestation est liée à son travail en faveur des droits humains. Plus tôt dans la journée, elle s’était exprimée sur Twitter au sujet des mauvais traitements infligés à des femmes par l’Agence nationale de sécurité et en avait tenu le roi de Bahreïn responsable. Ebtisam al Saegh avait déjà été détenue et interrogée pendant environ sept heures le 26 mai et avait été soumise à des actes de torture, notamment des agressions sexuelles, dans le bâtiment de l’Agence nationale de sécurité d’al Muharraq, une île située au nord-est de Manama.
Le 4 juillet, Ebtisam al Saegh a été remise en prison après avoir été interrogée dans un lieu inconnu. À 21 heures, elle a appelé ses proches, leur a dit qu’elle avait été placée en détention à l’isolement et leur a demandé de lui amener ses vêtements et de l’argent. Elle leur a également dit qu’on la soumettait à une pression énorme pour qu’elle « avoue » et qu’on l’avait informée qu’elle continuerait à être interrogée le lendemain et jusqu’à ce qu’elle « avoue ». Ebtisam al Saegh souffre du syndrome du côlon irritable et a dit à sa famille qu’elle avait des nausées et qu’elle n’avait pas mangé correctement. Le 5 juillet, sa famille a emmené des vêtements à la prison, mais les autorités pénitentiaires ont refusé de les prendre, expliquant qu’ils ne pouvaient le faire que si elle était présente dans la prison. La famille a porté plainte auprès du médiateur du ministère de l’Intérieur. Le 6 juillet à l’aube, des hommes masqués ont à nouveau effectué une descente au domicile d’Ebtisam al Saegh, et tous les téléphones portables de la maison ont été saisis. Ils ont dit à sa fille qu’ils savaient qu’elle avait diffusé des informations sur sa mère, qui n’avait pas coopéré avec eux car elle ne leur avait pas dit qu’elle possédait un autre téléphone portable.

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