Écrire Une détention renouvelée

La détention d’Ahmed Abdullah a été prolongée pour une période de 45 jours supplémentaires, après qu’un tribunal pénal du Caire a accepté un appel contre sa libération sous caution. Cet homme est un prisonnier d’opinion, détenu uniquement en raison de son travail en faveur des droits humains.

Le 5 septembre, un tribunal pénal du Caire a statué que le défenseur des droits humains Ahmed Abdullah devait rester en détention provisoire, faisant droit à un appel interjeté par le parquet d’une précédente décision judiciaire en faveur de sa libération. Une cour d’appel du Caire en charge des délits avait en effet ordonné la remise en liberté d’Ahmed Abdullah et de quatre coaccusés, contre le versement d’une caution de 10 000 Livres égyptiennes (environ 1 000 euros), le 3 septembre. Leur détention a été renouvelée pour 45 jours supplémentaires.

Les tribunaux renouvellent sans cesse la détention provisoire d’Ahmed Abdullah depuis son arrestation le 25 avril. Il a déclaré à ses avocats qu’il avait subi des mauvais traitements lors de son arrestation par les forces de sécurité, l’un des agents l’ayant frappé à la tête à plusieurs reprises, en utilisant la crosse de son arme. Les autorités n’ont pas ouvert d’enquête sur ces allégations.

Ahmed Abdullah est détenu uniquement en raison de ses activités pacifiques en faveur des droits humains. Il a dénoncé les disparitions forcées en Égypte et avait fourni une aide juridique à la famille de Giulio Regeni, un étudiant italien en doctorat âgé de 28 ans qui a disparu au Caire le 25 janvier 2016 et dont le cadavre a été retrouvé aux abords de la ville le 3 février. Son corps présentait des marques de torture.

Ahmed Abdullah est inculpé d’une série de charges fabriquées de toutes pièces au titre de la Loi antiterroriste, de la Loi relative aux manifestations et du Code pénal. Les procureurs n’ont pas abandonné les charges retenues contre le collègue d’Ahmed Abdullah, Mina Thabet, arrêté mi-mai et libéré sous caution le 18 juin.

L’arrestation d’Ahmed Abdullah et de Mina Thabet a eu lieu dans un contexte de répression systématique visant les défenseurs des droits humains égyptiens, qui font de plus en plus l’objet d’interrogatoires, d’arrestations, d’interdictions de voyager et de menaces de gel de leurs avoirs. Ces deux hommes sont membres de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, une ONG particulièrement active sur le signalement et l’étude des cas de disparitions forcées dans le pays.

Entre le 21 juin et le 20 juillet, Ahmed Abdullah, directeur de l’ONG, a observé une grève de la faim pour protester contre son maintien en détention et attirer l’attention sur le fait que le 21 juin, le Conseil d’État égyptien, un tribunal administratif, a annulé la décision du président Abdel Fattah al Sissi de transférer la souveraineté de deux îles de la mer Rouge à l’Arabie saoudite. Ahmed Abdullah avait été arrêté avant de nouvelles manifestations, prévues au Caire en avril pour protester contre la décision du président de transférer ces deux îles.

Mina Thabet, qui dirige le Département des groupes minoritaires et religieux de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, a été arrêté quelques semaines après Ahmed Abdullah, le 19 mai, lors d’une perquisition à son domicile, au Caire. Mina Thabet et des membres de sa famille ont été maltraités par des fonctionnaires de l’Agence de sécurité nationale.

Le 18 juin, Mina Thabet a été libéré contre le versement d’une caution de 10 000 Livres égyptiennes (environ 1 000 euros), un tribunal du Caire en charge des délits ayant ordonné sa libération le 16 juin. Le ministère public a fait appel de cette décision, recours débouté par un tribunal du Caire le 20 juin. La prochaine date de son procès n’est pas encore fixée.

Selon leurs avocats, ces deux hommes sont sous le coup de plusieurs chefs d’accusation, notamment de tentative de renverser l’État par la force, d’incitation à des attaques « terroristes » contre des postes de police, de recours à la violence et à l’intimidation pour empêcher le président d’exercer ses devoirs et ses pouvoirs, d’appartenance à un « groupe terroriste », de promotion du « terrorisme » sur Internet, d’incitation à des rassemblements publics mettant en péril la sécurité publique à des fins « terroristes », de diffusion de nouvelles, d’informations et de « fausses rumeurs » et de détention de tracts appelant à la chute du gouvernement et à la modification de la Constitution égyptienne.

Parmi les éléments de preuve retenus contre Mina Thabet figurent un agenda orné d’une photo de Marie, la mère de Jésus de Nazareth, et des documents portant sur le droit international relatif aux droits humains (notamment en ce qui concerne les minorités) et sur un parti politique enregistré en bonne et due forme baptisé Parti du pain et de la liberté.

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