Écrire Une exécution reprogrammeé en Virginie malgré des doutes persistants

Ivan Telegouz, un ressortissant ukrainien, doit être exécuté en Virginie le 25 avril. Condamné à mort en 2006 pour un meurtre commis en 2001, il continue de clamer son innocence.
Stephanie Sipe a été retrouvée morte à son appartement de Harrisonburg, en Virginie, le 23 juillet 2001. La police a soupçonné Ivan Telegouz – son petit ami du lycée et le père de son enfant – mais il est ressorti des tests d’ADN que le sang présent sur la scène du crime n’appartenait pas à cet homme. En 2003, Alexeï Safanov, qui tentait de ne pas être expulsé à cause de charges pénales, a indiqué qu’Ivan Telegouz avait engagé un « homme noir » pour tuer son ancienne petite amie. Ce dernier, du nom d’Edwin Gilkes, a nié ces allégations mais, la police l’ayant menacé d’une inculpation de meurtre, il a désigné un troisième homme, Michael Hetrick, dont l’ADN correspondait au sang retrouvé au domicile de la victime. La police a affirmé à Michael Hetrick qu’il ne pouvait éviter la peine de mort que s’il témoignait contre Ivan Telegouz. Il a fini par déclarer qu’il avait commis le meurtre commandité par Ivan Telegouz en échange de 2 000 dollars des États-Unis (environ 1 790 euros).
Ivan Telegouz a été condamné à mort pour avoir engagé Michael Hetrick. Michael Hetrick, Edwin Gilkes et Alexeï Safanov ont passé un marché avec les autorités pour témoigner contre Ivan Telegouz. Michael Hetrick a échappé à la peine de mort, tandis qu’Edwin Gilkes a bénéficié d’un accord permettant sa libération en 2018. Il a déclaré sous serment qu’Ivan Telegouz était impliqué dans un autre meurtre commandité, perpétré à Ephrata, en Pennsylvanie. Le procureur a exhorté le jury à condamner Ivan Telegouz à la peine capitale, estimant que cet élément montrait la façon dont il avait l’habitude de « résoudre les problèmes ».
Dans une déclaration sous serment datant de 2010, Edwin Gilkes a avoué qu’il avait « inventé » la majeure partie de son témoignage afin d’échapper à la peine de mort. Il a affirmé : « En réalité, je n’ai aucune preuve que Telegouz ait engagé Hetrick. » Il a ajouté que ses allégations concernant le prétendu meurtre d’Ephrata étaient fausses. Il a été démontré depuis que cet homicide présumé n’avait même jamais eu lieu. Alexeï Safanov s’est également rétracté dans une déclaration sous serment, indiquant : « Ivan ne m’a jamais dit qu’il avait fait tuer Stephanie Sipe et j’ai fait un faux témoignage à son procès, il ne m’a rien dit. » Un juge fédéral a estimé qu’il était nécessaire d’entendre les témoignages de vive voix pour évaluer la possibilité qu’Ivan Telegouz soit innocent et a organisé une audience probatoire en 2013. Cependant, ni Alexeï Safanov ni Edwin Gilkes n’ont témoigné. Le premier avait été expulsé et ne relevait donc plus de la compétence du tribunal, et le second a été menacé de perdre le bénéfice du marché qu’il avait passé avec les autorités s’il revenait sur ses déclarations, si bien qu’il a refusé de témoigner. Les représentants de l’État qui les auraient contraints, selon eux, à faire des témoignages controuvés ont nié toute faute professionnelle. Michael Hetrick, qui a reçu la même menace, a confirmé son premier témoignage. Le juge a statué que l’innocence d’Ivan Telegouz n’avait pas été prouvée.
À la fin du mois de mars 2016, à deux semaines de la date où il devait initialement être exécuté, Ivan Telegouz a bénéficié d’un sursis accordé par la cour fédérale d’appel du quatrième circuit afin de déterminer s’il pouvait revenir devant la justice pour faire valoir l’insuffisance de son assistance juridique. Après le rejet de cette requête, une nouvelle date d’exécution a été fixée par un juge d’un tribunal de comté.

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