Écrire Une femme a été agressée parce qu’elle demande justice pour son fils

Vendredi 11 janvier, deux inconnus à moto ont fait feu à trois reprises sur la voiture où se trouvait Alfamir Castillo, dans une zone rurale de la municipalité de Pradera (département du Valle del Cauca, dans le sud de la Colombie). Alfamir Castillo était avec son époux et deux gardes du corps relevant de l’Unité nationale de protection, et personne n’a été blessé. Alfamir Castillo est victime de menaces et d’agressions depuis des années car elle demande justice pour l’homicide illégal de son fils par des membres des forces colombiennes armées.

Darbey Mosquera Castillo, le fils d’Alfamir Castillo, a été tué le 8 février 2008 par des membres du Bataillon antiguérilla 57 Martires de Puerres de la Brigade VIII de l’armée colombienne. Cette exécution extrajudiciaire s’inscrit dans le scandale des « faux positifs », dans le cadre duquel des membres des forces armées ont illégalement tué des civils dans le but de les présenter comme des « guérilleros tués au combat » et de recevoir des primes. Sept membres de l’armée colombienne ont été condamnés à plus de 40 ans de prison pour ces exécutions extrajudiciaires. Alfamir Castillo et d’autres proches des victimes, ainsi que les témoins et les avocats des plaignants font régulièrement l’objet de menaces et de manœuvres d’intimidation et de harcèlement.

Au cours du conflit armé qui déchire la Colombie depuis des années, les forces de sécurité ont systématiquement eu recours aux exécutions extrajudiciaires. Elles s’en sont servies comme d’une tactique visant à répandre la terreur dans le cadre de leur stratégie anti-insurrectionnelle. Le Bureau du procureur général enquête actuellement sur plus de 2 000 cas d’exécutions extrajudiciaires qui auraient été commises par les forces de sécurité.

En octobre 2012, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a pris des mesures conservatoires en faveur d’Alfamir Castillo. Après les menaces qu’elle a reçues en octobre 2018, l’Unité nationale de protection a introduit des mesures de protection, en lui octroyant notamment des gardes du corps et une voiture, dont elle continue à bénéficier.

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