Écrire Une victime de disparition forcée va être jugée par un tribunal militaire

Le 9 mai, l’affaire de Fadhel Sayed Abbas Hasan Radhi a été renvoyée devant un tribunal militaire. Ni la famille de cet homme ni son avocat n’ont été informés des charges retenues contre lui. Fadhel Sayed est victime d’une disparition forcée depuis son arrestation, en septembre 2016, et risque par conséquent de subir des actes de torture ou d’autres mauvais traitements.

Le 9 mai, le ministère public a informé la famille de Fadhel Sayed Abbas Hasan Radhi que cet homme serait jugé par un tribunal militaire. Il s’agit de la première affaire traitée par un tribunal militaire depuis que le roi de Bahreïn a ratifié, le 3 avril, une modification de la Constitution qui permet de faire comparaître des civils devant des tribunaux militaires. Or, le droit international interdit de juger des civils selon le droit militaire car cela peut donner lieu à un procès à huis clos ou à une privation d’avocat. De telles procédures sont contraires aux normes d’équité des procès. Le ministère public n’a pas indiqué à la famille ni à l’avocat de Fadhel Radhi les charges pesant sur cet homme ni où il est détenu.

Fadhel Radhi est victime d’une disparition forcée depuis son arrestation, le 29 septembre 2016. Ses proches n’ont reçu que trois courts appels téléphoniques de lui. Ils ont expliqué à Amnesty International que lors du dernier appel, le 28 février, une personne soufflait les réponses à Fadhel Radhi. Amnesty International et la famille de Fadhel Radhi ont déposé de nombreuses demandes auprès du ministère public et du médiateur du ministère de l’Intérieur. Elles souhaitaient savoir ce qu’il était advenu de cet homme, où il se trouvait et quelles étaient les charges retenues contre lui. Le 2 janvier, le ministère public a ordonné à la sœur de Fadhel Radhi de rentrer chez elle et d’attendre un appel de son frère. Elle a aussi été informée qu’il serait présenté au ministère public le 24 avril. Fadhel Radhi n’a pas contacté sa famille jusqu’au 28 février, et celle-ci n’a jamais su s’il avait été réellement déféré au ministère public.

Privé d’avocat et n’ayant que des contacts téléphoniques sporadiques avec ses proches, Fadhel Radhi risque toujours d’être victime de torture et d’autres formes de mauvais traitements. Amnesty International craint que cet homme ait été contraint, au cours de sa détention, à faire des « aveux » qui pourraient être utilisés comme éléments à charge lors de son procès devant un tribunal militaire.

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