Écrire Brésil. Une opération de police fait deux morts et plusieurs blessés

AU 195/15, AMR 19/2424/2015, 9 septembre 2015

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 21 OCTOBRE 2015.
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Au moins deux personnes ont été tuées et une a été gravement blessée lors d’une opération de police dans des favelas de Rio de Janeiro les 8 et 9 septembre. Deux garçons de 13 et 16 ans ont été abattus et une femme de 33 ans a été touchée par une balle à la tête et est dans un état critique. Les habitants de l’une des favelas ont indiqué que des opérations de police sont toujours en cours et que de nombreux coups de feu sont toujours tirés.

Le matin du 8 septembre, Cristian Soares, 13 ans, jouait au football dans la favela de Manguinhos, à Rio de Janeiro, la capitale brésilienne, lorsque des policiers militaires et des policiers en civil sont entrés dans son quartier et ont ouvert le feu. Cristian Soares et d’autres enfants, ainsi que des habitants de la favela, ont couru pour échapper aux coups de feu. Une balle a touché Cristian qui est mort sur le coup, peu avant midi. Des témoins ont déclaré que les policiers ont essayé de déplacer son corps sans prendre les précautions requises, ce qui aurait altéré la scène du crime. Les habitants les en ont empêché en se mobilisant pour protéger la zone. Ils ont alors subi des menaces et des manœuvres d’intimidation. Une vidéo montre que les policiers ne portaient aucun élément d’identification pendant l’opération. Après l’homicide, les habitants de Manguinhos ont manifesté et ont bloqué les rues dans les environs du quartier.

Le même jour, de longues fusillades et des coups de feu ont éclaté lors d’une opération de la police militaire dans les favelas de Maré, à Rio de Janeiro. Les habitants ne pouvaient pas quitter leur domicile, personne ne pouvait entrer ou sortir de la favela, l’électricité a été coupée dans certaines maisons et les écoles ont annulé les cours. Une femme de 33 ans a été touchée par une balle à la tête et est actuellement dans un état critique. Le 9 septembre, la police militaire a repris les opérations dans la favela de Maré et les habitants ont signalé de nombreux coups de feu. Un garçon de 16 ans a été abattu pendant l’opération. Les habitants ont également indiqué que d’autres personnes ont été blessées, mais il était difficile d’obtenir plus d’informations en raison des fusillades en cours. Les coups de feu continuent et les habitants ne peuvent toujours pas quitter leur domicile ou se rendre au travail et toutes les activités des écoles ont été suspendues.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en portugais, en anglais ou dans votre propre langue :

 demandez aux autorités de veiller à ce que les responsables de l’application des lois respectent le droit à la vie et surtout, à ce qu’ils ne fassent pas usage d’armes à feu, sauf en cas de légitime défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente de mort ou de blessure grave, comme stipulé par les Principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois ;

 appelez-les à mener sans délai des enquêtes exhaustives et impartiales sur les morts et les blessures provoquées par le recours à la force par la police et à veiller à ce que les responsables de ces agissements soient traduits en justice et que les victimes reçoivent des réparations appropriées ;

 engagez-les à veiller à ce que le Bureau du procureur général à Rio de Janeiro s’acquitte de ses responsabilités constitutionnelles de contrôle externe des activités policières et de promotion d’actions efficaces de surveillance du recours à la force meurtrière par la police.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 21 OCTOBRE 2015 À :
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Gouverneur de l’État de Rio de Janeiro
Luiz Fernando de Souza
Palácio Guanabara
Rua Pinheiro Machado s/nº, Laranjeiras. Rio de Janeiro, RJ,
CEP 22.238-900, Brésil
C : agendaspezao@gmail.com
Facebook : https://www.facebook.com/LFPezao
Twitter : @LFPezao
Formule d’appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,

Procureur général
Marfan Martins Vieira
Av. Marechal Câmara, nº 370, 8º andar
Centro, Rio de Janeiro, RJ
CEP 20020-080, Brésil
Courriel : assessoria-pgj@mprj.mp.br
Twitter : @MP_RJ
Facebook : https://www.facebook.com/MPRJ.Oficial
Formule d’appel : Dear General Prosecutor, / Monsieur le Procureur général,

Copies à :
Commission des droits humains de l’Assemblée de l’État de Rio de Janeiro
Dep. Marcelo Freixo
ALERJ - Palácio Tiradentes
Rua Primeiro de Março, s/n, sala 307
Praça XV - Rio de Janeiro, RJ
CEP 20010-090, Brésil

Copies à :
Ambassade de la République fédérative du Brésil
Avenue Louise 350
1050 Bruxellese
Mail : brasemb.bruxelas@itamaraty.gov.br
Fax 02.640.81.34

COMPLEMENT D’INFORMATION

Amnesty International recueille depuis longtemps des informations sur la méthode mise en œuvre par la police de Rio de Janeiro qui consiste à « tirer d’abord, et poser des questions ensuite » lors des opérations de sécurité dans les favelas. Le 3 août, l’organisation a publié le rapport en anglais “You killed my son” : homicides by the military police in the city of Rio de Janeiro (http://www.amnesty.org/en/documents/AMR19/2068/2015/en/) qui dénonce le recours injustifié et disproportionné à la force par la police de Rio de Janeiro ainsi que des exemples solides d’exécutions extrajudiciaires. Sur une période de 10 ans (2005-2014), 8 466 homicides commis par des policiers ont été enregistrés dans l’État de Rio de Janeiro, dont 5 132 dans la ville même de Rio de Janeiro. Bien que ces chiffres aient baissé entre 2007 et 2013, ils ont à nouveau augmenté de 39,4 % entre 2013 et 2014. Le nombre d’homicides commis par des policiers en service représente une proportion importante du nombre total d’homicides : 15,6 % en 2014 pour la ville de Rio de Janeiro.

Les affaires d’homicides commis par des policiers font rarement l’objet d’enquêtes et les responsables sont rarement traduits en justice, ce qui entraîne une impunité qui alimente le cycle de la violence. En examinant les 220 enquêtes ouvertes en 2011 sur des homicides commis par la police dans la ville de Rio de Janeiro, Amnesty International a constaté que, quatre ans plus tard, une seule affaire avait conduit à l’inculpation d’un policier. En avril 2015, 183 de ces enquêtes étaient toujours ouvertes. Ces recherches ont également permis de déterminer le profil des victimes des policiers : les jeunes hommes noirs des favelas. Entre 2010 et 2013, presque toutes les personnes recensées comme ayant été tuées pendant des interventions policières dans la ville de Rio de Janeiro étaient des hommes (99,5 %), noirs (79 %) âgés de 15 à 29 ans (75 %).

Les opérations de police dans la favela de Manguinhos, à Rio de Janeiro, enregistrent le plus grand nombre d’homicides et autres violences policières. Johnathan de Oliveira Lima avait 19 ans lorsque des agents de la police militaire de l’Unité de police pacificatrice (UPP) de Manguinhos l’ont abattu le 14 mai 2014. Paulo Roberto Pinho de Menezes, connu sous le nom de Nêgo, avait 18 ans lorsque des agents de la police militaire de l’UPP l’ont abattu le 17 octobre 2013. Aucune de ces affaires n’a été portée devant la justice à ce jour.

Le 6 novembre 2012, Amnesty International et le réseau des ONG locales pour le développement de Maré (Redes de Desenvolvimento da Maré) et l’Observatoire des favelas (Observatório de Favelas) ont lancé l’action locale intitulée « Nous sommes de Maré et nous avons des droits » pour distribuer 50 000 kits d’information pour les habitants du groupement de favelas de Maré, à Rio de Janeiro. L’action avait pour but d’empêcher les violations des droits humains qui ont souvent lieu lors des opérations policières dans les favelas. Le complexe de Maré compte quelque 132 000 habitants répartis sur 16 favelas. Il s’agit d’une communauté variée vivant dans un ensemble de bidonvilles et de quartiers informels situé entre les principales voies d’accès de Rio de Janeiro et près de l’aéroport international de la ville. Les habitants partagent l’espace avec des groupes criminels organisés et des « milices » (milícias) – des gangs criminels composés majoritairement d’anciens agents des forces de l’ordre et de membres de celles-ci qui ne sont pas en service. Les relations entre la police et la population de Maré sont marquées par la violence et les atteintes aux droits humains, qui touchent particulièrement les jeunes résidents noirs.

Pour plus d’informations, veuillez consulter les documents d’Amnesty International suivants :
Brésil. L’homicide d’un adolescent de 13 ans lors d’une fusillade avec la police témoigne d’une stratégie de sécurité hasardeuse (https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/09/brazil-killing-of-13-year-old-boy-in-police-shootout-shows-reckless-security-strategy/), Brésil. À tout juste un an des Jeux olympiques de Rio, les victimes de la police militaire se comptent par centaines (https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/08/brazil-trigger-happy-military-police-kill-hundreds-as-rio-prepares-for-olympic-countdown/), Brésil. Action sur les droits humains dans les bidonvilles en amont d’une opération de police (https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2012/11/brazil-slum-campaign-human-rights-ahead-police-operation/) et la vidéo de la campagne « Nous sommes de Maré et nous avons des droits » (https://www.youtube.com/watch?v=FWBMk00IL_k)

Noms : Cristian Soares (h) et d’autres habitants des favelas de Manguinhos et de Maré à Rio de Janeiro

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